Vue d’ensemble des participants à la conférence d’hier. Photo Sami Ayad
À cette occasion, plusieurs participants ont pris la parole, dont l’ancienne ministre des Finances, Raya el-Hassan, qui a critiqué, durant son allocution, l’absence de politique étatique visant à renforcer les rapports entre la diaspora et la mère patrie.
« Il est vrai que les émigrés libanais ont fait preuve, à travers les décennies, d’une loyauté et d’un engagement forts en faveur de leur pays et de son économie et qu’ils constituent désormais un important levier de croissance. (...) Mais il est vrai aussi que les liens officiels avec cette diaspora ont été jusque-là timides et que l’État a échoué à bâtir des ponts solides susceptibles de garder les émigrés dans le giron » de leur pays natal, a-t-elle déploré, soulignant le « besoin urgent » de resserrer les rangs afin de préserver et de renforcer cette relation historique qui lie le Liban à ses nombreux ressortissants vivant à l’étranger. « La tendance est aujourd’hui à davantage d’émigration, à l’ombre de la mondialisation et de la facilité de mobilité, d’où l’urgence de se pencher sérieusement sur cette question », a ajouté l’ancienne grande argentière.
Raya el-Hassan a ainsi plaidé en faveur d’une amélioration de l’environnement des affaires, afin de contribuer, a-t-elle souligné, à consolider les acquis économiques provenant de la diaspora, à savoir les investissements étrangers, les transferts d’émigrés et les exportations. L’ancienne ministre des Finances a mis à cet égard l’accent sur la nécessité de moderniser l’infrastructure locale (routes, électricité, aéroport, etc.) afin d’encourager un plus grand nombre de Libanais basés à l’étranger à investir dans leur pays natal. Quant aux transferts d’émigrés, Raya el-Hassan a mis en garde contre certains plans visant à imposer des taxes sur ces transferts, qui « continuent de constituer un des piliers majeurs » de la survie économique du pays, a-t-elle souligné.
Enfin, au sujet des exportations, l’ancienne ministre des Finances a insisté sur le rôle crucial des émigrés dans la promotion des produits libanais et l’accroissement de la taille des ventes sur les marchés étrangers, lequel accroissement devrait permettre, selon elle, de doper la croissance et de créer de nouveaux emplois au Liban.
Les transferts d’émigrés à plus de 8 milliards de dollars en 2010
De son côté, le président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Beyrouth (CCIAB), Mohammad Choucair, a appelé à une meilleure coordination entre les secteurs productifs locaux et les organismes économiques avec les Libanais de la diaspora.
Le président de la CCIAB a rappelé à cet égard que des représentants de la CCIAB se déplaçaient régulièrement pour rencontrer des Libanais vivant à l’étranger et recevaient fréquemment des délégations économiques au Liban dans le but de promouvoir les opportunités d’investissement au Liban. « La CCIAB met également ses moyens et son expertise au service des commerçants libanais pour faciliter leurs opérations commerciales à l’étranger », a-t-il ajouté.
M. Choucair a, par ailleurs, mis en garde contre les répercussions négatives des tensions politiques sur l’économie locale, soulignant que de simples allusions à un éventuel désengagement du Liban vis-à-vis de certaines résolutions internationales (dont celle liée au Tribunal spécial pour le Liban) risquaient d’entraîner une fuite des capitaux. « Le monde traverse en ce moment une période difficile économiquement, non seulement dans les pays émergents, mais aussi dans les pays industriels développés, ce qui pourrait entraîner une baisse des aides accordées au Liban », d’où l’intérêt de continuer à collaborer étroitement avec la communauté internationale, a-t-il souligné.
Rappelons que dans un rapport publié récemment, la Banque mondiale (BM) a estimé les transferts effectués par les émigrés vers le Liban à 8,4 milliards de dollars en 2010, en hausse de 11,3 % sur un an. En termes relatifs, ces transferts ont ainsi représenté 21,4 % du PIB l’an dernier.


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La diaspora Libanaise envoie 8milliards$ par an au Liban. Les autres diasporas presentes au Liban (Syriennes, Egyptiennes,Asiatiques etc.) Envoient elles a partir du Liban 5milliards vers leurs patries d'origines. Tres simpes, la diaspora Libanaise travaille pour que les Libanais au Liban ne fassent plus de travail manuel. Les chiffres sont de la banque mondiale.
00 h 01, le 22 juillet 2011