Rechercher
Rechercher

Économie - Liban - Conférence

La diaspora libanaise, un rempart économique ignoré par l’État

Au-delà de la question liée aux droits politiques des émigrés, l’État fournit peu (ou pas) d’efforts en vue de consolider les ponts avec la diaspora libanaise, qui représente une manne annuelle de plusieurs milliards de dollars pour l’économie nationale.

Vue d’ensemble des participants à la conférence d’hier. Photo Sami Ayad

Une conférence sur la diaspora libanaise a été organisée hier à Beyrouth, en présence de plusieurs responsables, hommes d’affaires, banquiers et représentants de la société civile. Intitulée « Worlwide Lebanese 2011 », cette conférence était l’occasion de soulever plusieurs questions liées à la diaspora libanaise et aux moyens de consolider les liens entre les émigrés et leur pays d’origine, non seulement sur le plan politique, mais aussi et surtout au niveau économique.
À cette occasion, plusieurs participants ont pris la parole, dont l’ancienne ministre des Finances, Raya el-Hassan, qui a critiqué, durant son allocution, l’absence de politique étatique visant à renforcer les rapports entre la diaspora et la mère patrie.
 « Il est vrai que les émigrés libanais ont fait preuve, à travers les décennies, d’une loyauté et d’un engagement forts en faveur de leur pays et de son économie et qu’ils constituent désormais un important levier de croissance. (...) Mais il est vrai aussi que les liens officiels avec cette diaspora ont été jusque-là timides et que l’État a échoué à bâtir des ponts solides susceptibles de garder les émigrés dans le giron » de leur pays natal, a-t-elle déploré, soulignant le « besoin urgent » de resserrer les rangs afin de préserver et de renforcer cette relation historique qui lie le Liban à ses nombreux ressortissants vivant à l’étranger. « La tendance est aujourd’hui à davantage d’émigration, à l’ombre de la mondialisation et de la facilité de mobilité, d’où l’urgence de se pencher sérieusement sur cette question », a ajouté l’ancienne grande argentière.
Raya el-Hassan a ainsi plaidé en faveur d’une amélioration de l’environnement des affaires, afin de contribuer, a-t-elle souligné, à consolider les acquis économiques provenant de la diaspora, à savoir les investissements étrangers, les transferts d’émigrés et les exportations. L’ancienne ministre des Finances a mis à cet égard l’accent sur la nécessité de moderniser l’infrastructure locale (routes, électricité, aéroport, etc.) afin d’encourager un plus grand nombre de Libanais basés à l’étranger à investir dans leur pays natal. Quant aux transferts d’émigrés, Raya el-Hassan a mis en garde contre certains plans visant à imposer des taxes sur ces transferts, qui « continuent de constituer un des piliers majeurs » de la survie économique du pays, a-t-elle souligné.
Enfin, au sujet des exportations, l’ancienne ministre des Finances a insisté sur le rôle crucial des émigrés dans la promotion des produits libanais et l’accroissement de la taille des ventes sur les marchés étrangers, lequel accroissement devrait permettre, selon elle, de doper la croissance et de créer de nouveaux emplois au Liban.

Les transferts d’émigrés à plus de 8 milliards de dollars en 2010
 De son côté, le président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Beyrouth (CCIAB), Mohammad Choucair, a appelé à une meilleure coordination entre les secteurs productifs locaux et les organismes économiques avec les Libanais de la diaspora.
Le président de la CCIAB a rappelé à cet égard que des représentants de la CCIAB se déplaçaient régulièrement pour rencontrer des Libanais vivant à l’étranger et recevaient fréquemment des délégations économiques au Liban dans le but de promouvoir les opportunités d’investissement au Liban. « La CCIAB met également ses moyens et son expertise au service des commerçants libanais pour faciliter leurs opérations commerciales à l’étranger », a-t-il ajouté.
M. Choucair a, par ailleurs, mis en garde contre les répercussions négatives des tensions politiques sur l’économie locale, soulignant que de simples allusions à un éventuel désengagement du Liban vis-à-vis de certaines résolutions internationales (dont celle liée au Tribunal spécial pour le Liban) risquaient d’entraîner une fuite des capitaux. « Le monde traverse en ce moment une période difficile économiquement, non seulement dans les pays émergents, mais aussi dans les pays industriels développés, ce qui pourrait entraîner une baisse des aides accordées au Liban », d’où l’intérêt de continuer à collaborer étroitement avec la communauté internationale, a-t-il souligné.
Rappelons que dans un rapport publié récemment, la Banque mondiale (BM) a estimé les transferts effectués par les émigrés vers le Liban à 8,4 milliards de dollars en 2010, en hausse de 11,3 % sur un an. En termes relatifs, ces transferts ont ainsi représenté 21,4 % du PIB l’an dernier.
Une conférence sur la diaspora libanaise a été organisée hier à Beyrouth, en présence de plusieurs responsables, hommes d’affaires, banquiers et représentants de la société civile. Intitulée « Worlwide Lebanese 2011 », cette conférence était l’occasion de soulever plusieurs questions liées à la diaspora libanaise et aux moyens de consolider les liens entre les émigrés et leur pays d’origine, non seulement sur le plan politique, mais aussi et surtout au niveau économique. À cette occasion, plusieurs participants ont pris la parole, dont l’ancienne ministre des Finances, Raya el-Hassan, qui a critiqué, durant son allocution, l’absence de politique étatique visant à renforcer les rapports entre la diaspora et la mère patrie.  « Il est vrai que les émigrés libanais ont fait preuve, à travers les...
commentaires (6)

La diaspora Libanaise envoie 8milliards$ par an au Liban. Les autres diasporas presentes au Liban (Syriennes, Egyptiennes,Asiatiques etc.) Envoient elles a partir du Liban 5milliards vers leurs patries d'origines. Tres simpes, la diaspora Libanaise travaille pour que les Libanais au Liban ne fassent plus de travail manuel. Les chiffres sont de la banque mondiale.

Smokin Krak

00 h 01, le 22 juillet 2011

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (6)

  • La diaspora Libanaise envoie 8milliards$ par an au Liban. Les autres diasporas presentes au Liban (Syriennes, Egyptiennes,Asiatiques etc.) Envoient elles a partir du Liban 5milliards vers leurs patries d'origines. Tres simpes, la diaspora Libanaise travaille pour que les Libanais au Liban ne fassent plus de travail manuel. Les chiffres sont de la banque mondiale.

    Smokin Krak

    00 h 01, le 22 juillet 2011

  • - Kamel, certes que je suis un Libanais de la diaspora, mais j'ai l'avantage de garder mon contact avec le Liban, tandis que les autres issus de plusieurs génarations, dans tous ces pays, venaient me voir seulement pour parler du Liban. Quelqu'un, au Brésil, m'a même montré une photo du Birdawni et m'avait demandé si vraiment il était aussi grand que le mississipi. La discussion, avec eux, pour le Liban, était toujours l'affection pour la patrie. Leur idée est aussi la mienne. je suis de ton avis qu'ils dirigeraient le pays beaucoup mieux que nos actuels chefs. Au moins, ils ne sont pas fanatisés. Tasso Tsiris

    Tasso Tsiris

    09 h 09, le 21 juillet 2011

  • D'abord,Marc Abdo vous n'avez pas bien lu ce que Mme Tahan Attie a ecrit, elle reproche exactement ce que vous condamnez, presque mot pour mot. Tasso, je suis perplexe, je pensais que tu etais un libanais de la diaspora, et en tant que tel tu pouvais exprimer une opinion plus directe, plutot que de relayer des temoignages de ces libanais d'Afrique ou d'amerique. Je vais emettre une idee, donnons le pouvoir aux libanais de la diaspora et demandons a ceux du pays de se reposer un peu. 5 ans plus tard jugeons le resultat, je mettrai ma main a couper que le resultat sera brillant. Enfin un doigt.

    Kamel Jaber

    08 h 26, le 21 juillet 2011

  • - Madame, sachez que les Libanais de la diaspora sont déjà colorés. Ils sont d'une couleur. Laquelle ? C'est la sauvegarde, la paix et la prospérité de la terre de leurs aïeux. Je m'en connais car j'ai rencontré beaucoup d'eux que ce soit dans les pays d'Afrique, au Brésil, qui compte plus de Libanais que le Liban, et ailleurs. Tasso Tsiris

    Tasso Tsiris

    07 h 11, le 21 juillet 2011

  • Chere Madame, Ne pouvons-nous pas saluer, pour une fois, une initiative de ce type. Le libanais doit-il toujours tout critiquer? Le simple fait que vous critiquiez l'intervention de Mme El Hassan montre de quel bord vous etes. Arretons de tout politiser et apprenons a etre neutre pour une fois, sans cela, le pays n'avancera jamais! Auriez-vous critiquer l'intervention de Mr Saffadi aussi???

    Marc Abdo

    04 h 07, le 21 juillet 2011

  • Mmmmmm, i y a quelquechose qui m'échappe. Que fait Mme Raya el Hasan dans cette réunion.... fait-elle partie de la diaspora libanaise?? Connait-elle touts les problèmes qu'affrontent les libanais de la diaspora? Pourquoi n'a-t-elle rien fait lorsqu'elle avait les rennes? Ou a t-elle fait quelquechose que nous ignorons? tellement de questions... Si on va colorer les représentants de la diaspora d'un côté ou de l'autre, laissons tomber....

    Nayla Tahan Attié

    01 h 53, le 21 juillet 2011

Retour en haut