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À La Une - Rencontre

Julia Kassar, prix de la meilleure actrice à Rabat

Une actrice, Julia Kassar. Une vraie. La plus polymorphe des actrices libanaises. Et d’une modestie à rendre jaloux tous ceux qui fanfaronnent inutilement.

Julia Kassar, un talent qui éclate sur les planches comme au cinéma.  (Michel Sayegh)

Avec le film Chatti Ya Denié (Que la pluie vienne) de Bahij Hojeij, qui cartonne partout, elle vient de remporter à Rabat, dans une compétition groupant plus de 18 films, le prix al-Arabi Aldaghmi, prix de la meilleure actrice. Rencontre pour une mise au point et une conversation à bâtons rompus.
Les cheveux noirs de jais, le sourire aux lèvres, les yeux pétillants, Julia Kassar, de toute évidence épanouie et heureuse, fait danser avec grâce ses grandes boucles d’oreille de gitane élégamment citadine. On ne sait plus comment la retrouver tant son talent éclate aussi bien sur les planches de théâtre que dans les pellicules des feuilletons de télévision et devant l’œil des caméras pour salles obscures.
Plus de 60 rôles à son actif et son regard brille d’une insatiable étincelle pour un plus qu’elle traque toujours avec passion et véhémence.
Tout d’abord à noter que le film Chatti Ya Denié a reçu non seulement une mention spéciale par le jury, mais a obtenu aussi le prix de la presse à Rabat pour son côté artistique accompli, ainsi que pour ses vertus de préoccupations
humaines.
Ils sont bien loin les débuts de Julia Kassar en 1985 avec le Sanee el-Ahlam de Raymond Gebara... Un parcours de plus de vingt et une pièces la sépare aujourd’hui de cette nouvelle consécration. Un parcours qui a groupé les noms des meilleurs metteurs en scène libanais, sous la direction desquels elle a travaillé. On cite volontiers, entre autres, Roger Assaf, Yaacoub Chedraoui, Joseph Bou Nassar, Jawad el-Assadi, Jalal Khoury, Bruno Geara, Gisèle Boueiz, Camille Salameh, Nidal al-Achkar.
Côté petit écran, plus de treize ou quatorze feuilletons à succès l’ont révélée au grand public. On l’attend de pied ferme, incessamment, pour la période de ramadan, sur les chaînes locales, dans le nouveau feuilleton à épisodes (une trentaine), sur la vie de la diva Sabah (campée par Carole Samaha) d’Ahmad Chafic où elle interprétera Mounira, la mère de la «Chahroura» quand elle était jeune...
Le cinéma ne pouvait laisser Julia Kassar indifférente. La preuve: en très peu de temps, treize films allègrement tournés. Et des prix – pour un court-métrage avec le cinéaste Hani Tamba, qui lui confie un rôle comique où elle ne soupçonnait même pas qu’elle pouvait exceller – avant d’étendre le registre de ses performances sous la houlette, là aussi nomenclature non exhaustive, de Salim Habchi, Randa Chahal, Danièle Arbid, Leila Assaf, Nabil Lebbos, Fouad Alaywan, Joanna Hadji Thouma et Khalil Jreij et, bien sûr, Bahij Hojeij.
Et si l’on parlait de ce rôle qui lui a valu le prix de la meilleure actrice à Rabat?
«Ce sont les multiples facettes d’une femme, dit-elle, qui a du cran, mais blessée par l’absence d’un mari kidnappé, disparu. Une femme qui est l’amie de ses propres enfants et qui doit être à la fois mère et père en l’absence de tout repère... Une femme qui a les pieds bien ancrés dans la réalité, mais qui refuse de pleurer, une femme à la fois forte et hypersensible...»
Un rôle en or pour Julia Kassar qui sait rendre perceptible toute la palette des nuances des émotions humaines. Tanguer entre théâtre, télé et cinéma est-il un voyage commode? Où se situe l’actrice, quelles sont ses préférences, quels sont ses rêves, ses aspirations?
«Le théâtre est mon mari et le cinéma est mon amant, déclare Julia Kassar dans un grand éclat de rire, heureuse de sa formulation. Être acteur, c’est surtout être libre et exprimer tout ce qu’on a envie de dire. On se cache sous la peau d’un personnage et on a toutes les libertés. J’ai, en fait, exercé tous les rôles. De la sainte (Charbel ) à la pute (Roi de Sodome d’Arrabal et Rituels pour signes et métamorphoses, de Abdallah Wannous). Qu’est-ce que j’aimerais jouer encore? (un moment de réflexion et la réponse fuse) Médée. J’aimerais jouer Médée! Mais j’aimerais jouer aussi du Aldomovar... Mes projets pour la rentrée? Deux pièces. Une de Raymond Gebara et je n’en dirai pas plus, car je n’en sais pas plus, et c’est toujours ainsi avec Gebara. Ensuite Le dictateur de Issam Mahfouz avec Aïda Sabra, sous la direction de Lina Abiad. Qui a dit que seuls les hommes sont dictateurs, et pourquoi pas nous les femmes en dictateurs?...»
Charmants éclats de rire pour une dernière pirouette alliant petit mystère et coquine franchise.
Avec le film Chatti Ya Denié (Que la pluie vienne) de Bahij Hojeij, qui cartonne partout, elle vient de remporter à Rabat, dans une compétition groupant plus de 18 films, le prix al-Arabi Aldaghmi, prix de la meilleure actrice. Rencontre pour une mise au point et une conversation à bâtons rompus.Les cheveux noirs de jais, le sourire aux lèvres, les yeux pétillants, Julia Kassar, de toute évidence épanouie et heureuse, fait danser avec grâce ses grandes boucles d’oreille de gitane élégamment citadine. On ne sait plus comment la retrouver tant son talent éclate aussi bien sur les planches de théâtre que dans les pellicules des feuilletons de télévision et devant l’œil des caméras pour salles obscures. Plus de 60 rôles à son actif et son regard brille d’une insatiable étincelle pour un plus qu’elle traque...
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