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À La Une - Rencontre

Rosy Abourous, acidulée

Rosa Maria, Rosy Abourous pour les intimes, a enfin trouvé l’écrin qu’elle cherchait pour y exposer son travail et celui de designers et d’artistes contemporains aussi bruts de décoffrage qu’elle... C’est beau, c’est nouveau et c’est à Mar Mikhaël, bien évidemment...

Rosy Abourous, lors de l’inauguration de Rosa Maria.

Sous le label Rosa Maria concept, un prénom hérité de sa mère argentine, Rosy Abourous crée et produit depuis des années une ligne de bijoux qui fait aujourd’hui le tour du monde. Dans ce superbe espace qui lui ressemble tellement, elle y a déposé son âme avec l’aide de l’architecte Mathieu Sfeir. Les matériaux sont bruts. Du bois, lattes, poutres en tables et en meubles. Du fer rouillé, des vitrines anciennes, de l’inédit, de la récup’, du beau surtout, avec cette touche artistique dans la disposition des choses et même leur désordre. « Je voulais créer un lieu où l’on se sent bien, dans une région qui me ressemble et qui n’a aucune prétention. Cet espace m’a interpellée, sinon je ne l’aurais jamais fait... »
La dame, elle, a l’air de s’y sentir magnifiquement bien en cette fin d’après-midi d’été... Comme un poisson dans une eau calme, heureuse d’ouvrir son bocal aux amis. Le soleil commence à dessiner ses ombres sur le sol. Un parfum de bien-être se dégage lentement. La propriétaire des lieux parle peu, laissant à l’espace et aux accessoires le soin de s’exprimer à sa place et montrer ses envies : « partager les lieux avec des artistes qui ont une même philosophie esthétique, prêter un coin à des peintres rencontrés durant les voyages et qui possèdent cette même vision forte des formes et des couleurs. Séduire en silence... », semblent-ils dire en chœur. Le « concept store » porte bien son nom et sa vocation.

Self-made-woman
Bien des années après avoir débuté, un sac à dos pour seul présentoir, la voilà enfin arrivée à bon port. Car c’est avec la boutique IF, dans les années 76, que Rosi se lance dans le domaine des vêtements et accessoires. « J’ai toujours été dans le monde de la mode, accepte-t-elle enfin de céder, le regard lointain. Elle esquisse un sourire tendre en repensant à ces années où elle a tout appris, et surtout se construire une carrière, en toute liberté. « J’étais acheteuse et vendeuse pour IF, et j’étais folle de vêtements ! J’ai la mode dans la peau. » Elle créé des habits, un peu par instinct, des ceintures et des chaussures, et s’adonne à sa passion pour les bijoux, entre collection et bricolage. « Je n’appartiens pas au monde des bijoutiers, mais à celui des créateurs », souligne-t-elle. Sa première collection est exposée en 1998 avec « Les artistes s’amusent ». Des bijoux d’inspiration victorienne, des diamants et des pierres associées à du métal brut martelé. Très vite, sa griffe est reconnaissable et vainement imitée. Mais le Liban est trop étroit pour Rosa Maria. La designer s’embarque pour Amsterdam. Trois grandes boutiques tombent sous le charme de son travail. Il en sera de même pour Paris où ses pièces sont vendues chez L’Éclaireur. Aujourd’hui, elle est également à New York, en Russie, au Japon, en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Vietnam et en Corée. La mode selon Rosi, c’est le souci du détail, des vêtements et des accessoires inédits, une attitude « androgyne, mais avec féminité ». Une façon d’être et de s’habiller. Sa façon d’être et de s’habiller. C’est également une façon de choisir, de repérer les talents des autres, de créer une harmonie d’ensemble. Ainsi, pour quelques semaines encore, les dessins tout en finesse de Corine Pagny ont trouvé leur place sur les murs du concept-store. Des nus à l’encre et l’aquarelle, sensuels et éthérés, dont l’artiste, diplômée de l’École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art de Paris (Ensaama) et présente lors de l’inauguration des lieux, a dit : « Je veux dessiner la circulation du sang, la palpitation de la peau. Je peins aussi pour le plaisir indécent de montrer mon travail... »
Il en est de même pour les petites sculptures, à la fois puissantes et attendrissantes du Madrilène Emilio Velilla. Ses « êtres », assis seuls ou en duo, qui semblent être en communion avec tous les objets disposés dans la boutique. Les céramiques silencieuses et épurées de Rasha Nawam et Maryline Massoud, et les drôles de cahiers, très artistiques, de Diana Katrib. Et l’inattendu coin lecture prévu « avec des livres d’art, un peu coquins, pour ces hommes, qui risquent de s’ennuyer en attendant leurs femmes ! »
« Je ne suis pas sentimentale, conclut Rosy Abourous, après avoir laissé parler les objets. Je suis émotionnelle. »
Sous le label Rosa Maria concept, un prénom hérité de sa mère argentine, Rosy Abourous crée et produit depuis des années une ligne de bijoux qui fait aujourd’hui le tour du monde. Dans ce superbe espace qui lui ressemble tellement, elle y a déposé son âme avec l’aide de l’architecte Mathieu Sfeir. Les matériaux sont bruts. Du bois, lattes, poutres en tables et en meubles. Du fer rouillé, des vitrines anciennes, de l’inédit, de la récup’, du beau surtout, avec cette touche artistique dans la disposition des choses et même leur désordre. « Je voulais créer un lieu où l’on se sent bien, dans une région qui me ressemble et qui n’a aucune prétention. Cet espace m’a interpellée, sinon je ne l’aurais jamais fait... »La dame, elle, a l’air de s’y sentir magnifiquement bien en cette fin...
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