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Économie - Analyse

Sanctionner les agences de notation peut aggraver la crise

Les dirigeants de l’UE ont durci le ton contre « l’oligolopole » que forment, selon eux, les agences Standard & Poor’s, Moody’s Investors et Fitch Ratings.

L’Europe risque de mettre le feu aux poudres si elle interdit aux agences de notation d’évaluer la santé financière de ses membres sous perfusion internationale, même si cette décision peut permettre d’écarter, à court terme, le risque de contagion de la crise, selon des économistes et des analystes.
Les dirigeants de l’Union européenne ont encore durci le ton contre « l’oligolopole » que forment, selon eux, les agences américaines Standard & Poor’s, Moody’s Investors et la franco-américaine Fitch Ratings.
« Il faut aussi se poser la question (...) de savoir s’il faut permettre les notations souveraines quand un État est sous programme international », a souligné à Paris le commissaire européen chargé des Marchés financiers Michel Barnier.
« C’est une manière de tuer le messager des mauvaises nouvelles », a commenté Nicolas Véron, du think-tank Bruegel, se demandant si cette réponse de l’Union aux problèmes de l’endettement de la Grèce et du Portugal était bien adéquate.
« Quid de la notation des entreprises et des institutions financières des pays en question ? » s’interroge pour sa part Cyril Régnat de Natixis, estimant que cette proposition « rajoute de l’incertitude, de la volatilité et nourrit la spéculation ».
D’autant que nombre d’investisseurs font leur choix en fonction de l’évaluation de ces agences, dont les notes vont de AAA – la meilleure possible – à D ou défaut de paiement.
« Nous convenons que certains investisseurs se reposent un peu trop ou donnent l’impression de trop se reposer sur les notations au lieu d’effectuer eux-mêmes leurs propres analyses », indique-t-on chez Fitch. Sollicitées par l’AFP, S&P et Moody’s n’ont pas fait de commentaire.

« Ça ne se fera pas du jour au lendemain »
Pour Chantana Sam, stratégiste crédit chez Axa IM, interdire aux agences de noter les pays européens sous assistance du Fonds monétaire international (FMI) et de l’Union européenne impliquerait de redéfinir complètement le nouveau cadre réglementaire Bâle III, qui leur accorde un rôle central. Aussi, faudrait-il, selon lui, commencer par réduire leur importance.
La proposition de M. Barnier sera de toute façon difficile à mettre en œuvre.
Sur le plan juridique se pose la question de savoir comment interdire à un acteur économique d’émettre une opinion sans tomber dans le déni d’opinion, la plupart des notations souveraines étant non sollicitées ? fait remarquer M. Véron.
Elle devrait aussi nécessiter l’accord des vingt-sept membres de l’UE et des États-Unis, ce qui est loin d’être gagné : « Ça ne se fera pas du jour au lendemain », affirme l’économiste.
Reste que cette décision pourrait donner du répit à l’UE, dont les dirigeants « essayent de masquer le fait que les grands pays (Allemagne et France) vont devoir sortir leur carnet de chèques pour sauver les petits pays », avance Philippe Dessertine, directeur de l’Institut de haute finance (Université Paris X).
« Sans notation, il n’y aura plus de déclaration de défaut », convient Christophe Parisot, courtier chez Aurel. « Les créanciers privés, assureurs, banques, n’auront pas à passer tout de suite de provisions ou de dépréciations d’actifs dans leurs comptes. »
La Grèce pourra pour sa part voir la Banque centrale européenne continuer à accepter ses titres de dette, ce qui lui évite une crise de liquidités.
En outre, « le fait d’arrêter de noter les pays sous assistance permettrait d’éviter les risques de contagion de la crise (car) quand Moody’s dégrade le Portugal, ce sont les pays périphériques comme l’Italie et l’Espagne qui trinquent », avance Patrick Jacq.
        
          (Source : AFP)
L’Europe risque de mettre le feu aux poudres si elle interdit aux agences de notation d’évaluer la santé financière de ses membres sous perfusion internationale, même si cette décision peut permettre d’écarter, à court terme, le risque de contagion de la crise, selon des économistes et des analystes.Les dirigeants de l’Union européenne ont encore durci le ton contre « l’oligolopole » que forment, selon eux, les agences américaines Standard & Poor’s, Moody’s Investors et la franco-américaine Fitch Ratings.« Il faut aussi se poser la question (...) de savoir s’il faut permettre les notations souveraines quand un État est sous programme international », a souligné à Paris le commissaire européen chargé des Marchés financiers Michel Barnier.« C’est une manière de tuer le messager des...
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