Selon Me Benjamin Brafman, la rencontre avec le procureur a été « constructive ». Brendan McDermid/Reuters
Libéré vendredi de son assignation à résidence, l’ancien directeur général du Fonds monétaire international est toujours formellement poursuivi pour crimes sexuels à la suite des accusations d’une femme de chambre guinéenne. Mais le récit erroné, sous serment, de l’accusatrice, révélé à l’occasion d’une audience vendredi, semblait depuis compromettre la tenue d’un procès pour la tentative de viol présumée qui aurait eu lieu le 14 mai dans une chambre d’hôtel à New York. Il reste cependant trois options pour l’accusation, selon l’ancien procureur américain Jacob Frenkel : maintenir les sept chefs d’inculpation et aller au procès avec un fort risque de le perdre, continuer la procédure en abandonnant les charges les plus graves ou abandonner toutes les poursuites, ce qui, pour l’heure, a été écarté. La prochaine audience devant le tribunal pénal de New York est toujours prévue pour le 18 juillet.
Par ailleurs, les avocats de l’accusatrice de DSK ont demandé au procureur de Manhattan Cyrus Vance de se dessaisir de l’affaire et de nommer un procureur spécial, en accusant ses services d’avoir divulgué des informations préjudiciables à leur cliente.
Les ennuis judiciaires de Dominique Strauss-Kahn se poursuivaient pendant ce temps en France avec le dépôt par Tristane Banon d’une plainte pour tentative de viol remontant à 2003. Le parquet de Paris a indiqué hier que cette plainte était « à l’étude ». Désormais, le parquet peut décider de mener une enquête préliminaire, d’ouvrir une information judiciaire confiée à des juges ou de classer sans suite. Il n’est soumis à aucun délai pour prendre cette décision.
La plainte de Tristane Banon concerne des faits allégués remontant à 2003, quand cette romancière désormais âgée de 32 ans avait rencontré Dominique Strauss-Kahn dans un appartement parisien dans le cadre de la préparation d’un essai. Pour DSK, la scène que Tristane Banon a racontée lors d’une émission télévisée en 2007, puis dans un entretien au site Internet AgoraVox en 2008, est « imaginaire ». Ses avocats ont prévenu qu’une procédure pour dénonciation calomnieuse serait engagée, ce qu’ils n’avaient pas encore fait hier matin.
Passible de quinze ans de réclusion, la tentative de viol est un crime prescrit au bout de dix ans. L’agression sexuelle, elle, est un délit, qui est prescrit trois ans après les faits. Mais l’enquête risque d’être compliquée par l’absence de témoins et d’expertise corporelle. « Dans ces affaires, c’est parole contre parole », reconnaît d’ailleurs la plaignante. L’avocat de la jeune femme, Me David Koubbi, a affirmé dans les médias qu’il disposait « de témoignages de personnes qui ont récupéré Tristane après les faits et de textos échangés à cette même période ».
Plusieurs dirigeants socialistes ont exprimé leur dégoût en évoquant la plainte de Mlle Banon ; Manuel Valls, candidat à la primaire socialiste, dénonçant un « torrent de merde » et le patron des députés PS Jean-Marc Ayrault un « feuilleton nauséabond ».
(Source : AFP)


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