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Forces occultes

Demandez à n'importe quel étranger de passage sa première impression de Beyrouth. L'énergie vient en tête des qualificatifs. Se sont-ils donné le mot ? Aux yeux du monde, Beyrouth est une ville énergique. Pour nous autres autochtones, elle est même frénétique. Il s'y déploie une énergie qui ressemble à celle des girouettes. On tourne en rond avec une impatience croissante, et sans savoir comment, on finit par produire une force qui revient à son tour alimenter le mécanisme. Est-ce ce tourbillon, ce vain vibrionage qui nous grise ? Après tout ce que nous avons vécu d'instabilité et d'horreurs, nous voilà devenus un peuple désabusé et bêtement joyeux.
Le saviez-vous, le gouvernement a implosé hier soir. À part que l'embouteillage s'est réduit de moitié à l'heure de pointe, rien n'a encore changé dans nos vies. Né enferré dans le chantage au TSL, ce gouvernement-là, de toute façon, a déjà battu des records de longévité. Il a eu le mérite d'offrir une normalité de façade qui a donné un petit coup d'accélérateur à l'économie. Juste de quoi tenir en attendant les prochains « développements ». Nous voilà donc au seuil du désert. Que faire sinon traverser ? Que personne ne nous accompagne, nous connaissons le chemin.
Selon des statistiques récentes, les Français seraient actuellement le peuple le plus pessimiste du monde. Nostalgiques du passé, inquiets de l'avenir, leur présent est morose. En ce qui nous concerne, le passé, nous préférons vraiment l'oublier. Quant à l'avenir, à peine avons-nous le temps de l'envisager qu'il change de forme. Ni pessimistes ni optimistes, nous sommes gens de l'instant. Et l'instant, c'est à la télévision qu'il se déroule. Les médias sont notre boule de cristal. « Des forces de l'ombre ont empêché l'accord », a commenté Walid Joumblatt. Tant que la raison n'y peut rien, ce pouvoir d'autodestruction qui est le nôtre est forcément occulte.

Demandez à n'importe quel étranger de passage sa première impression de Beyrouth. L'énergie vient en tête des qualificatifs. Se sont-ils donné le mot ? Aux yeux du monde, Beyrouth est une ville énergique. Pour nous autres autochtones, elle est même frénétique. Il s'y déploie une énergie qui ressemble à celle des girouettes. On tourne en rond avec une impatience croissante, et sans savoir comment, on finit par produire une force qui revient à son tour alimenter le mécanisme. Est-ce ce tourbillon, ce vain vibrionage qui nous grise ? Après tout ce que nous avons vécu d'instabilité et d'horreurs, nous voilà devenus un peuple désabusé et bêtement joyeux. Le saviez-vous, le gouvernement a implosé hier soir. À part que l'embouteillage s'est réduit de moitié à l'heure de pointe, rien n'a encore changé dans nos vies....
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