Le Salon du livre francophone de Beyrouth qui s'achève ce dimanche est, paraît-il, le troisième par ordre d'importance après Paris et Montréal. Cette 17e édition est particulièrement animée et laissera clairement aux participants le souvenir d'un succès. Multiplication de signatures, pléthore d'éditeurs, auditoire fourni aux conférences d'auteurs, la culture en général, francophone en particulier, affiche cette saison une mine resplendissante. Qu'est-ce qui fait les années avec, qu'est-ce qui fait les années sans, et on a en connu de navrantes, seuls les organisateurs sauront le dire. En attendant le bilan de cette grand-messe du papier et des lettres, je cherche dans mes souvenirs un avant-après. Je sortais à peine de l'enfance un certain 13 avril 1975 quand mon père nous a entraînés au palais de l'Unesco où se tenait un Salon du livre arabe. De livres, il en a acheté à tous les stands. Nous sommes rentrés à la maison dans l'ambiance glauque d'une guerre plus qu'annoncée. Je me suis demandée pourquoi ces livres étaient si minces. Il s'agissait de pamphlets. Longtemps la littérature arabe contemporaine s'est complue dans ce genre, oratoire, emphatique et gesticulant. Après ? Après il y eut le désert...Avec pour oasis un phénomène éditorial pittoresque : comme les livres français peinaient à être acheminés au Liban, et qu'ils coûtaient cher en devises, Lucien George, directeur des Fiches du monde arabe, s'était arrangé pour sous-traiter certains titres. Dès qu'un roman sortait sous son logo, on se jetait dessus en masse. Résultat : tout le monde lisait le même livre, au rythme des publications des FMA, et ce même livre, à condition qu'il fût bon, offrait une diversion précieuse lors des accalmies, quand il n'alimentait pas les conversations sous les bombes. C'est un sentiment schizophrène qui m'a pris en traversant cette foire. De joie et d'écœurement que procure toute forme d'abondance. Les 600 à 700 titres de la rentrée littéraire parisienne sont presque tous là, plus les libanais, plus (traces) les autres francophones. Raz de marée d'encre et de papier, de papier et d'encre. On voudrait juste se retrouver quelques secondes au temps des moines copistes et celui de Gutenberg, où un livre était au monde l'une des choses les plus précieuses qui soit. Avant de se replonger dans cette kermesse de l'écrit qui a même sa guimauve, et d'en revenir lessivé et repu ■
Le Salon du livre francophone de Beyrouth qui s'achève ce dimanche est, paraît-il, le troisième par ordre d'importance après Paris et Montréal. Cette 17e édition est particulièrement animée et laissera clairement aux participants le souvenir d'un succès. Multiplication de signatures, pléthore d'éditeurs, auditoire fourni aux conférences d'auteurs, la culture en général, francophone en particulier, affiche cette saison une mine resplendissante. Qu'est-ce qui fait les années avec, qu'est-ce qui fait les années sans, et on a en connu de navrantes, seuls les organisateurs sauront le dire.En attendant le bilan de cette grand-messe du papier et des lettres, je cherche dans mes souvenirs un avant-après. Je sortais à peine...
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