Alors la perspective de la visite officielle du président iranien, dans un tel contexte de tension dans l'attente que quelque chose se passe, n'était pas faite pour calmer les esprits. Que vient-il faire ? Que vient-il dire ? Pourquoi maintenant ? Autant de questions qui ne trouveront que la plus sotte des réponses : parce que. C'est tout. Hier les routes étaient désertes. Ce n'est tout de même pas le spectre d'Ahmadinejad qui a planqué tout le monde chez soi ? Si, un peu. Qu'une communauté se sente affaiblie face à l'autre et les événements fâcheux arrivent très vite. En l'occurrence, l'ombre de la république des mollahs sur la terre libanaise avait tout pour agacer sinon inquiéter les détracteurs locaux du régime iranien.
On a appris qu'Ahmadinejad a félicité les trois présidents pour leur succès à préserver la paix interne. On n'a pas su quel genre d'émotions a pu soulever ce satisfecit. Ce genre de bon point, quand on connaît sa grammaire, sent son paternalisme à plein nez. On a appris aussi qu'il nous offrait des armes. Sans limite. Des joujoux autant qu'on en veut. On n'a pas su quoi penser de cette munificence. Comme on n'est pas du genre à attaquer Israël les premiers, les joujoux on s'amusera avec entre soi. On n'a pas su en quelle langue il s'est adressé à ses hôtes. Parle-t-il l'arabe comme les diplomates russes ? L'anglais comme tout le monde ? C'est peu probable. L'arabe n'est pas sa langue vivante et l'anglais est sa langue à couper. Avec tout non-Hezbollah, il recourra à un interprète. Ce qui relativise la formule de « réunion à huis clos » qu'il a choisi d'adopter avec les uns et les autres et qui fait un peu confessionnal.
Bon, tout cela n'est que divagation de profane. Ce que nous voyons, nous, bon peuple du Liban, c'est un petit bonhomme avec des manières politiques un peu cavalières, qui porte une barbe soigneusement mal entretenue, qui a des yeux particulièrement petits pour mieux voir en vous mon enfant, et qui ne se départit pas d'un curieux sourire. Il porte une saharienne beige tout à fait dans la tendance de l'hiver prochain. Il exaspère les nations occidentales avec son programme nucléaire qu'il affirme pacifique. Il les sort de leurs gonds avec son révisionnisme, et plus il en joue plus ça les fait hurler, et plus ça les énerve plus ça le marre. Bref, il y a dans cette combinaison tous les ingrédients d'une icône médiatique. Intelligenti pauca ■


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef