La brutale flambée du front du Sud, mardi midi, ne peut que laisser perplexe. Peu après la guerre de juillet 2006, chacun se souvient de sa propre angoisse quand des tirs de katioucha anonymes et pourtant signés avaient tenté d'attiser le feu. Il y eut un suspense atroce, nul n'étant prêt à revivre les cruels moments de cet été-là. Avant-hier, brusquement, alors que rien de part et d'autre de la frontière ne laissait présager d'intention d'en découdre, tout a basculé. Le plus étrange est cette histoire d'arbre, que les Israéliens voulaient déraciner pour dégager la vue et que les Libanais ont voulu protéger. Résultat, quatre morts, dont un officier du côté israélien. Pour un arbre ? Cette farce pour le moins sinistre nous interpelle, nous qui sommes loin de ce front au souffle duquel tout le pays est suspendu. Un arbre... On pourrait imaginer que nos soldats, avec tous ces cèdres sur la casquette, sur le bras, sur la poitrine, la chaleur aidant, ont inversé la métonymie. Que le symbole s'est confondu pour eux avec la cause et qu'ils étaient prêts à mourir pour cet arbre-pays dont on ignore l'essence. On pourrait croire que les soldats israéliens ont sous-estimé à cet égard la susceptibilité d'une troupe libanaise dont la véritable heure de gloire date de Nahr el-Bared et dont la concurrence du Hezbollah ne cesse de ternir le blason. Pourquoi n'avoir pas attendu le verdict de la Finul ? Voilà encore une autre histoire. Les soldats de la paix sont moins nerveux que les belligérants. Ils peuvent s'offrir le temps de vérifier si la ligne bleue a oui ou non été dépassée (trépassée, comme on eût dit en anglais). Parfois, comme avant-hier, tout se joue sur une lichette. Les Libanais ont eu tort. L'arbre était en territoire israélien. Rivage des Syrtes, désert des Tartares, la frontière libano-israélienne fait partie de ces lieux voués à la tragédie. C'est quand rien ne s'y déroule que le pire peut arriver. La triste histoire de l'arbre, que les Israéliens ont finalement déraciné, montre bien le prix que l'on est prêt à payer, dans cet état de nerfs, pour avoir le dernier mot. Le dernier, en effet ■
La brutale flambée du front du Sud, mardi midi, ne peut que laisser perplexe. Peu après la guerre de juillet 2006, chacun se souvient de sa propre angoisse quand des tirs de katioucha anonymes et pourtant signés avaient tenté d'attiser le feu. Il y eut un suspense atroce, nul n'étant prêt à revivre les cruels moments de cet été-là. Avant-hier, brusquement, alors que rien de part et d'autre de la frontière ne laissait présager d'intention d'en découdre, tout a basculé.Le plus étrange est cette histoire d'arbre, que les Israéliens voulaient déraciner pour dégager la vue et que les Libanais ont voulu protéger. Résultat, quatre morts, dont un officier du côté israélien. Pour un arbre ?...
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