À l'Orient, il y aurait les Émirats, l'Inde, la Chine, mais aussi un jour le Pakistan et l'Afghanistan. À la porte de l'Orient, il y a le Proche-Orient, appellation désuète (proche de
quoi ?). Et le Proche-Orient, c'est cette partie du monde qu'on ne peut évoquer sans penser à ce mot cruel d'Annie Ernaux (Les Années, Gallimard, 2008) : « Qu'on se massacre pour la religion nous dépassait, preuve que ces populations en étaient restées à un stade inférieur. » Se trouvant aujourd'hui par un retour de la chance à la porte du nouveau-Nouveau Monde, le Liban se doit d'urgence de s'atteler à la construction d'une image digne de l'avenir qu'il est en droit d'espérer.
Loin de nous l'idée de verser dans l'angélisme. Rien n'est simple et l'Orient est en plus compliqué. Mais l'époque exige que nous descendions des montagnes où s'est cimentée notre méfiance atavique de l'étranger et son corollaire le racisme, que nous sortions des tribus où s'est tissée notre conception archaïque de la société et du rôle de la femme, que nous explorions d'autres schémas politiques que le féodalisme, héritage de 400 ans de domination ottomane, en vertu duquel nous continuons à défendre des leaders plutôt que des projets de vie. L'époque exige que la femme libanaise se serve de sa position relativement privilégiée dans le monde arabe pour faire avancer la situation de ses sœurs vers plus de justice et d'équité. L'époque exige que les enfants lisent. Que les enfants profitent des vacances pour lire. Une humanité sans livres est une humanité erratique.
Alors seulement le progrès sera pour nous synonyme d'un bonheur que ni la plage le matin/le ski l'après-midi (ils ont la même chose sur la Côte d'Azur), ni le botox et la chirurgie plastique, ni les 2 millions de touristes de l'été 2010, ni la bulle immobilière qui semble inoxydable, ni les enseignes du luxe qui se bousculent au centre-ville ne pourront jamais nous procurer ■


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef