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Hors sujet

Comme bon nombre de mes compatriotes, l'été venu, je décroche de l'actualité locale pour des considérations d'hygiène mentale. Aucun progrès social à attendre, pas de revendications sinon celles, conciliantes, des réfugiés palestiniens pour leurs droits civils, pas d'élections en vue, ce qui limite les joutes verbales, unique manifestation de l'activité politique au Liban. J'oubliais le pétrole. Voilà qui n'a pas encore d'odeur et qui fait déjà beaucoup de bruit. Il y a donc du pétrole au large de nos côtes. Comme on a déjà beaucoup de mal à délimiter nos frontières terrestres, va délimiter nos frontières maritimes. Il est où ce pétrole ?
Pour l'instant sous la mer. Et il devrait y rester, bien que l'on puisse y voir une aubaine pour couvrir notre dette publique. Il y a quelques années, il est vrai, l'idée d'un forage offshore n'était pas rentable vu l'abondance du pétrole dans la région. À présent que celui-ci se fait rare, la chose peut être envisagée, quitte à compter sur Israël pour exiger son indu. Non seulement un tel forage serait prétexte à mille nouveaux conflits et autant de gabegie interne, mais la catastrophe BP nous autoriserait à envisager le pire pour l'écologie de la Méditerranée.
En ce qui concerne la rentabilité d'une telle entreprise, mieux vaut écouter les financiers et scientifiques du monde entier et cesser de se faire des illusions sur ce trésor qui sera bientôt obsolète. Les recherches sur les énergies renouvelables progressent à pas de géant. Le temps d'accéder à notre prétendu or noir, celui-ci sera revenu à sa réalité : une masse gluante et nauséabonde, fatale à tout organisme vivant et largement dévalorisée. Entre-temps, on aura produit des dégâts irréversibles.
Mieux vaut se tourner en revanche vers notre seule valeur sûre : l'eau. Au lieu d'aller faire des saletés dans une mer qui en a déjà son écot, pourquoi ne pas investir dans la préservation de nos forêts, garantes de l'équilibre climatique, dans la collecte des eaux de pluie, dans la gestion de la nappe phréatique et des terrains agricoles ? Quand on sait que la croissance de géants tels que l'Inde et la Chine pourrait être freinée par l'accélération de l'étiage, que la sécurité alimentaire est menacée par la fonte des glaciers et la contamination des eaux souterraines par les eaux salines, il est urgent de détourner nos édiles de leur obsession pétrolière. Enlisés dans le passé, incapables d'écouter un écho qui les éloignerait de leurs petits intérêts privés et immédiats, ils manquent tragiquement de vision. Quelqu'un devra pourtant leur dire que le pétrole est aujourd'hui hors sujet. Parions même qu'Israël, avec sa technologie avancée, ne fait que semblant de s'y intéresser  ■
Comme bon nombre de mes compatriotes, l'été venu, je décroche de l'actualité locale pour des considérations d'hygiène mentale. Aucun progrès social à attendre, pas de revendications sinon celles, conciliantes, des réfugiés palestiniens pour leurs droits civils, pas d'élections en vue, ce qui limite les joutes verbales, unique manifestation de l'activité politique au Liban. J'oubliais le pétrole. Voilà qui n'a pas encore d'odeur et qui fait déjà beaucoup de bruit. Il y a donc du pétrole au large de nos côtes. Comme on a déjà beaucoup de mal à délimiter nos frontières terrestres, va délimiter nos frontières maritimes. Il est où ce pétrole ?Pour l'instant...
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