Les experts dans tous les domaines estiment que 2010 est le véritable tournant de l'ère nouvelle. Le XXIe siècle dont les dix premières années ne furent que transitoires devra très vite connaître un décollage fulgurant vers le « futur », à savoir une révision de tout ce que nous avons connu jusque-là. L'annonce, cette semaine, de la découverte en Afghanistan d'énormes gisements de lithium promet une généralisation de l'usage des moteurs électriques, le lithium étant le principal composant des batteries rechargeables. Des industriels scandinaves révèlent la commercialisation prochaine de petits capteurs solaires individuels qui permettront d'éclairer les foyers à la seule énergie gratuite, propre et virtuellement inépuisable que connaisse l'humanité. Déjà on explore le potentiel protéiné des insectes que de nombreux peuples consomment depuis longtemps sans dégoût. Le discernement culturel entre consommable et comestible est un luxe quand il s'agit de lutter contre la famine. Cerise sur le gâteau - si j'ose dire, bien que les médias l'aient saisie avec prudence : la cellule artificielle créée en mai par l'ingénieur génétique Craig Venter. En faisant composer par ordinateur un ADN humain qu'il a ensuite inscrit dans une bactérie vidée de tout matériau génétique, Venter s'est offert les clés de la vie artificielle. Bientôt, à défaut de rendre son environnement viable, l'homme se modifiera-t-il lui-même pour s'adapter à la dégradation de la Terre ? L'ultime création de l'homme sera-t-elle sa propre recréation ? Ces interrogations elles-mêmes, dans une poignée d'années, feront sourire.
Pour qui croyait qu'il n'y avait plus de terrae icognitae, bienvenue dans le nouveau monde. La science n'est plus fiction. Elle nous invite à regarder d'un œil plus visionnaire notre époque telle qu'elle s'en va, avec ses politiques étroites, ses notions de frontières, de devises, de ressources et tant d'autres concepts « ancien millénaire ». Nous entrons en trébuchant dans une ère où nos enfants caracolent. À l'évidence, ils sont plus vieux que nous. Que nous reste-t-il à leur transmettre ? Peut-être deux recommandations : préserver la beauté pour se garder une chance d'être heureux. Et comme le conseillait le vieil Osée : ne pas dire « Notre Dieu » à l'œuvre de leurs mains ■


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef