Les mannequins sont nus dans les vitrines. Place des Martyrs, la marée humaine a reflué. Le soleil est haut après des jours de grand froid. La mer est repue, elle a avalé un avion. L'air est humide. La poussière des chantiers s'accroche à la brume. Dans les montagnes, la neige n'a pas tenu. On court parce que février est court. Ils construisent de nouveaux ronds-points. L'après-midi dans les embouteillages, on voit le jour décliner. Le ciel change de couleur. Les lumières de la ville s'allument. C'est beau. Quand on arrive, c'est déjà la nuit. On ne s'énerve plus. Ce n'est pas le printemps. Entre-deux monotone. Il n'y a pas de guerre. Mais on ne sait pas faire sans. La guerre fait partie du patrimoine. Quand elle disparaît du paysage, elle survit dans les discours. Les gens ne marchent pas. Les étrangers s'étonnent : tout le monde porte des chaussures neuves. D'après les statistiques, en France on use une paire tous les trois mois. Ici, on change plutôt les pneus. On sort beaucoup le soir. Il y en a qui vous saoulent. Il y en a qui vous grisent. On ne sort pas indemne. J'aimerais aller à vélo. Il peut pleuvoir. Il y a des camions, des bennes, des citernes, des bétonneuses, des porte-conteneurs. On est petit sur deux roues. Seul. Sale. Les dirigeants n'ont pas de programme. Ils ont des « slogans ». Du langage en barres qui exclut toute réponse. À prendre. À laisser. Ça rend violent d'être privé de mots. Aurons-nous des municipales ? Les municipales, ça compte pour la qualité de vie. Avant, c'était sans importance. Quelque chose a changé. Nous attendons de nos édiles autre chose que l'autorisation de les glorifier. Le concept Liban tient de l'art juridique alternatif. Il est basé sur le modèle siamois. Ça n'a jamais été expérimenté ailleurs. Pure avant-garde. Ce n'est plus l'hiver, ce n'est pas le printemps, il faudra bien rhabiller les modèles des vitrines. Il manque des jours à février. C'est aussi bien ■
Les mannequins sont nus dans les vitrines. Place des Martyrs, la marée humaine a reflué. Le soleil est haut après des jours de grand froid. La mer est repue, elle a avalé un avion. L'air est humide. La poussière des chantiers s'accroche à la brume. Dans les montagnes, la neige n'a pas tenu. On court parce que février est court. Ils construisent de nouveaux ronds-points. L'après-midi dans les embouteillages, on voit le jour décliner. Le ciel change de couleur. Les lumières de la ville s'allument. C'est beau. Quand on arrive, c'est déjà la nuit. On ne s'énerve plus. Ce n'est pas le printemps. Entre-deux monotone. Il n'y a pas de guerre. Mais on ne sait pas faire sans. La guerre fait partie du patrimoine. Quand elle disparaît du paysage, elle...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
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