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Rouge

Dans l'art verrier, il est impossible d'obtenir du rouge sans une pincée d'or fin. Violente et précieuse, la couleur qui nimbe nos crépuscules attire de plus en plus de spectateurs. En cet automne qui commence, nombreux sont les Libanais qui prennent rendez-vous avec le coucher du soleil. Ce romantisme subit, mi-poseur, mi-touchant, ressemble à un rattrapage désespéré d'un temps que l'on voudrait étale, mais qui au Liban s'écoule par soubresauts.
Rouge, la vaste aquarelle de 19h tapantes où le soleil tombe à l'horizon, bavure heureuse d'un pinceau délavé. Rouge l'automne déjà mûr qu'un souffle suffit à détacher des arbres. Rouge le tapis sous l'érable, une espèce libanaise enfouie dans les forêts de montagne parmi les genévriers et les chênes chevelus. Rouges de tous les rouges, ces feuilles parfumées du vent qui les emporte et du bois qui les a nourries.
Fin du jour. Le soleil trace un point. Puis un trait entre ciel et mer. C'est tout. On rentre ? On ne rentre pas. Il y a encore tant à dire. Ou pas. Malgré la fraîcheur qui afflue, on a le rouge en soi, la loupiote qui clignote. On zappe le mot « fin », pas vu, pas pris. Déjà les brumes tombent, et les sommets qui s'en détachent ressemblent à des îles célestes, continents surgis d'un séisme muet.
Les lendemains sont pâles et ce 1er octobre ressemble à un lundi. Octobre et lundi sont des mots aqueux et glauques. Ce soir encore et jusqu'au retour des pluies, un peuple furtif reviendra sur les promontoires voler sa braise, sa miette ardente, son petit rouge cosmique. Avec une pincée d'or puisée à l'été écoulé ■
Dans l'art verrier, il est impossible d'obtenir du rouge sans une pincée d'or fin. Violente et précieuse, la couleur qui nimbe nos crépuscules attire de plus en plus de spectateurs. En cet automne qui commence, nombreux sont les Libanais qui prennent rendez-vous avec le coucher du soleil. Ce romantisme subit, mi-poseur, mi-touchant, ressemble à un rattrapage désespéré d'un temps que l'on voudrait étale, mais qui au Liban s'écoule par soubresauts. Rouge, la vaste aquarelle de 19h tapantes où le soleil tombe à l'horizon, bavure heureuse d'un pinceau délavé. Rouge l'automne déjà mûr qu'un souffle suffit à détacher des arbres. Rouge le tapis sous l'érable, une espèce libanaise enfouie dans les...
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