cosmes, chaque quartier reflétant les goûts et les traditions de son époque et de ses communautés.
Nombreux sont ceux qui ont bataillé pour restituer au centre-ville détruit son image d'avant-guerre, avec le succès mitigé que l'on sait, puisque jamais l'on ne se baigne deux fois dans le même fleuve. Le tout était d'éviter l'édification de gratte-ciel là où de vieilles boutiques à mezzanine côtoyaient les étals des souks et les couleurs des marchands ambulants.
Pour autant, les années 2000, avec un accroissement de la tendance à la fin de la première décennie, marqueront dans l'histoire urbanistique de la ville une sorte d'âge de verre. La jeunesse active qui s'acclimate dans les pays d'émigration en revient périodiquement avec de l'argent neuf et des idées architecturales... élevées. Plus hauts sont les immeubles et plus ils sont transparents. Pour qui n'a pas oublié ces années terribles qui ont fait la fortune des vitriers, la moindre déflagration se traduisant par des nuits venteuses et des balayages sonores au petit matin, les tours qui hérisseront bientôt notre paysage sont contre nature. Déjà, celles qui culminent à 25 étages nous semblent tombées de Mars. Certaines en afficheront bientôt le double, peut-être le triple.
On s'insurge bien sûr contre la destruction des vieilles demeures, gardiennes dérisoires d'une certaine douceur du passé. D'aucuns auront raison de répondre que les villes doivent vivre leur vie de ville, passer par des âges ingrats dont les stigmates s'installent comme des cicatrices d'acné. D'autres diront que l'architecture ne fait qu'obéir aux aléas du peuplement. L'évidence veut que l'on gagne en altitude l'espace qui manque en latitude.
Il reste à imaginer l'aspect que prendra la ville dans un futur proche, quand une bonne partie de sa population vivra au niveau des nuages. Nous avons eu de gros clivages entre l'Est et l'Ouest, puis la banlieue et le centre. Devrons-nous nous attendre à des divisions entre gens du haut et gens du bas ? Au niveau de la mer, les descendants du peuple antique de la grande bleue ; au niveau du ciel, le peuple sans racines du grand bleu ? Comme à chaque poussée de croissance, nombreux sont ceux qui auront du mal à suivre. Il faudra veiller au grain ■


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef