De grands défis donc, puisque c'est le thème du moment. Grands défis qu'il faudra aborder « dans la solidarité, avec un gouvernement uni et cohérent ». En attendant, Israël peut nous improviser son animation saisonnière, l'économie mondiale peut s'effondrer, une guerre nucléaire se déclencher impromptu...Dieu soit loué, nous avons la Résistance pour nous sauver la face. Mais les fesses ? Quelqu'un a-t-il songé à préparer la population au genre de « grands défis » contre lesquels on la met en garde ? En cas de guerre, a-t-on seulement envisagé de préparer des abris, des provisions, un minimum de sécurité dans les villes, un plan B pour les déplacements de population ? Ou bien nous faudra-t-il encore tout perdre, fors l'honneur, inchallah ?
Le gouvernement de transition n'a plus que quelques chrysanthèmes à inaugurer. Ceux qui espèrent un portefeuille, quelle que soit leur influence, ne feront rien tant qu'ils ne l'auront pas. Il y a ceux qui attendent en boudant, voir ce qu'on fera pour les dérider. Il y a ceux qui se réconcilient sous l'œil désabusé d'une population qui en a vu d'autres, et qui font de leurs poignées de main des événements historiques dont l'histoire fera ce qu'elle voudra.
Et puis il y a nous, éternels spectateurs de l'éternelle pantomime du pouvoir au Liban. Les acteurs changent, les générations passent mais la pièce est la même, un peu plus consternante à chaque lever de rideau. Il y a nous qui savons que guerre ou pas, gouvernement ou pas, prospérité ou pas, l'important est d'être constant : s'exciter pour son chef, insulter les autres, râler contre l'État qui ne fait jamais rien, se méfier quand il fait quelque chose, rire des promesses, jeter la faute sur les voisins.
Il y aura sûrement un gouvernement à Noël. Encore faut-il qu'il y ait des citoyens ■


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve