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Tarte catin

Et dire que, dans ce pays, y en a qui se battent pour faire de la politique. On pourrait croire de prime abord que c'est pour le pognon. Que dalle ! Depuis lurette, il n'y a plus rien à grappiller. Et comme pour la plupart, le pognon, ils l'avaient déjà englouti à partir de leurs turpitudes passées, ne reste plus donc que la frime et la passion d'un boulot enrichissant : compter et recompter dans une arithmétique épicière, à califourchon sur des appendices communautaires, des ministrables réduits à l'état de croix et de croissants, ayant usé leur mental et leur futal.
Bref, au jour d'aujourd'hui, les Libanais restent pendus aux bisbilles homériques entre un Barbichu frisotté et un Agrume pelé. Le premier se fait balader depuis des mois en professant la politique de la main tendue, le second le fait tourner en bourrique en lui opposant la politique du bras tendu. Hariri junior n'a pas vu le coup venir, et avec les peaux de bananes que Mongénéral lui balance, il a de quoi monter une usine de traitement de déchets agroalimentaires.
À en croire les tuyaux crevés, lancés par les médias, aussitôt relayés par les sots qui les répandent, 90 % des obstacles scrogneugneu auraient été démantibulés. Techniquement, il ne resterait donc plus que 10 % de tuiles, qui représenteraient ce qu'on appelle familièrement le petit testicule dans le consommé. Bon appétit aux cuisiniers !
À tout prendre, on pourrait se demander finalement s'il est bien utile d'avoir un gouvernement. Une nouvelle brochette de neuneus, qui vont s'agiter dans tous les sens, créer des embouteillages monstres à chaque fois que l'un d'eux s'en ira faire des mondanités chez un autre, s'attraper comme des bouviers à chaque détour de projet foireux. Éternel combat de coqs sur fond de pays raté. Sans compter les gesticulations triviales devant les caméras à l'heure du dîner. Et c'est dommage, car l'écran plat va tellement bien avec leurs idées.
Alors, les réformes ? La dette ? L'amélioration du niveau de vie ? Du calme, que diable ! Et ayons la décence d'attendre que les barons se répartissent la tarte Tatin avant de s'envoyer les débris à la figure.
Quand ils auront fini, il nous restera toujours les taches à lécher ■

gabynasr@lorientlejour.com
Et dire que, dans ce pays, y en a qui se battent pour faire de la politique. On pourrait croire de prime abord que c'est pour le pognon. Que dalle ! Depuis lurette, il n'y a plus rien à grappiller. Et comme pour la plupart, le pognon, ils l'avaient déjà englouti à partir de leurs turpitudes passées, ne reste plus donc que la frime et la passion d'un boulot enrichissant : compter et recompter dans une arithmétique épicière, à califourchon sur des appendices communautaires, des ministrables réduits à l'état de croix et de croissants, ayant usé leur mental et leur futal.Bref, au jour d'aujourd'hui, les Libanais restent pendus aux bisbilles homériques entre un Barbichu frisotté et un Agrume pelé. Le premier se fait...
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