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Pertes sans profits

Qu’il joue au matamore ou se fasse discret, qu’il multiplie les menaces ou rassure sur ses intentions présentes et futures, il est une réalité qu’il ne peut plus ignorer, une situation inédite qui le rattrape au galop, qui le déboulonne de son piédestal. Un véritable séisme qui brouille totalement les cartes, qui dépouille les uns de leurs atouts principaux, donne à d’autres des ailes inespérées...
N’y allons pas par quatre chemins : le Hezbollah d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec le Hezbollah d’hier et les magouilleurs de 2011 n’ont plus rien à voir avec les résistants de l’an 2000. Une cassure irrémédiable, une rupture totale enclenchées par des événements successifs qui rendent tout retour en arrière impossible, qui imposent une approche nouvelle vis-à-vis des développements en cours.
Le Hezbollah aujourd’hui est triplement affaibli et ce ne sont pas les rodomontades de Hassan Nasrallah, les « documents compromettants » révélés au grand jour, qui disqualifieront l’acte d’accusation du Tribunal spécial pour le Liban, qui mettront un terme au processus judiciaire en cours ; ce ne sont pas les proclamations de fidélité au régime de Bachar el-Assad qui occulteront l’évidence de l’effondrement progressif du pouvoir baassiste en Syrie et ce ne sont évidemment pas les outrances guerrières conjuguées du parti intégriste et de Téhéran qui détourneront l’attention de la crise profonde qui déchire la hiérarchie politico-religieuse en Iran.
Le Hezbollah, aujourd’hui, n’a plus les coudées franches et les attaques qu’il lance dans toutes les directions n’aideront nullement à le sortir de son isolement : ce qui était stratégie de longue haleine n’est plus que tactique de venelle ; ce qui était planification de longue durée n’est plus que réaction ponctuelle.
Le constat, en ces temps troubles, celui qui aurait dû interpeller le Hezbollah, l’inciter à un minimum de pragmatisme, saute pourtant aux yeux : d’un côté, un régime syrien déstabilisé, désavoué par ses anciens alliés arabes et turc, sanctionné par la communauté internationale, de l’autre, un pouvoir iranien miné par les règlements de comptes entre clans rivaux, par une crise économique croissante, confronté à l’hostilité de tous les États arabes du Golfe.
C’est dans ce contexte de grande incertitude que Hassan Nasrallah arrogant, provocateur, a opté samedi soir pour la fuite en avant, fournissant ses « preuves » de la duplicité, de la « sionisation » et de la corruption du tribunal international, disant quasiment à ses adversaires, pour reprendre une expression libanaise : « Vous pouvez paver la mer entière, vous n’obtiendrez pas la vérité à travers le TSL et nous ne vous laisserons jamais mettre la main sur les accusés. »
Un défi couplé à des piques confessionnelles adressées autant aux dirigeants sunnites qu’à « certains » chrétiens du 14 Mars. Prétendre dans ces conditions que le Hezbollah œuvre pour la paix civile c’est prendre les Libanais pour des imbéciles, c’est occulter la dérive milicienne d’une résistance fourvoyée dans les sables mouvants du communautarisme.
C’est parce qu’il se retrouve seul, affaibli par la faiblesse de ses parrains syrien et iranien que le Hezbollah rue dans les brancards, réagit en ours blessé. Un combat désespéré pour préserver sa mainmise sur l’État, sa seule garantie de survie.
Dut-il pour cela entraîner le pays tout entier dans son aventure suicidaire.
Qu’il joue au matamore ou se fasse discret, qu’il multiplie les menaces ou rassure sur ses intentions présentes et futures, il est une réalité qu’il ne peut plus ignorer, une situation inédite qui le rattrape au galop, qui le déboulonne de son piédestal. Un véritable séisme qui brouille totalement les cartes, qui dépouille les uns de leurs atouts principaux, donne à d’autres des ailes inespérées...N’y allons pas par quatre chemins : le Hezbollah d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec le Hezbollah d’hier et les magouilleurs de 2011 n’ont plus rien à voir avec les résistants de l’an 2000. Une cassure irrémédiable, une rupture totale enclenchées par des événements successifs qui rendent tout retour en arrière impossible, qui imposent une approche nouvelle vis-à-vis des développements en...
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