Un secret de Polichinelle qui reflète, pour les uns, la vérité, la réalité des faits à l'époque du crime et, pour les autres, la détermination des « conspirateurs » à manipuler le TSL, à accabler les empêcheurs de tourner en rond, ceux qui s'opposent aux « visées américaines et israéliennes » dans la région.
Conviction intime d'une part, étayée par des preuves solides, appréhension inquiète d'autre part, eu égard aux graves développements dans la région qui créent des situations inédites. Les garants peuvent, alors, devenir des fardeaux, les protecteurs se transformer en fugitifs en quête, eux-mêmes, de protection.
Une question s'impose : qu'attend le TSL pour livrer, enfin, très officiellement, ses conclusions ? Les nouveaux indices recueillis par Daniel Bellemare justifient-ils l'accumulation des retards, des ajournements, une lenteur qui donne libre cours à toutes les interprétations, à toutes les explications, des plus crédibles aux plus suspectes ?
La justice, il faut bien le reconnaître, ne peut pas être toujours aveugle, surtout quand elle revêt une parure internationale et quand ses verdicts risquent d'avoir un impact, des conséquences déstabilisatrices sur la situation des pays concernés.
Qu'il s'agisse du Liban ou de la Syrie, il est évident que le Tribunal ne peut que prendre en compte les considérations internes qui leur sont propres et tirer, conséquemment, les conclusions qui s'imposent quant au timing de la publication de l'acte d'accusation.
Crise politique au Liban, régime aux abois en Syrie : le tribunal international sait pertinemment qu'à l'instant fatidique le slogan de « politisation » sera automatiquement brandi, un slogan qui ne pourra, toutefois, que faire pschitt lorsque les preuves seront avancées publiquement à La Haye.
Les exécutants, des éléments du Hezbollah, les commanditaires, des caciques du régime syrien : tel est le schéma prévu, telles sont les « révélations » attendues. Des « révélations » peut-être savamment distillées au fil des mois pour en atténuer l'impact et prévenir, à l'heure H, des dérapages sécuritaires dont se passerait bien le pays du Cèdre.
Déblayer, en quelque sorte, le terrain menant à la vérité sans que les mines qui le bordent n'explosent... Et cela, alors que le mentor baassiste perd de ses plumes et de ses facultés de nuisance empêtré qu'il est dans sa répression barbare du printemps syrien, dans ses sanglantes diversions sur le plateau du Golan. Heureux concours de circonstances : le coup de grâce viendrait de La Haye, comme une cerise sur le gâteau d'une contestation irrépressible.
Que des têtes brûlées veuillent, dans ces conditions, faire sauter la baraque, ce serait là un aveu de culpabilité, d'impuissance, une erreur stratégique qui isolerait davantage et la Syrie et le Hezbollah dans un contexte régional et international qui leur est de plus en plus défavorable.
Reste une inconnue : l'Iran de demain après la chute inévitable du régime syrien. Mais c'est là une toute autre histoire...


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