Que se passe-t-il dans la tête de ceux qui se prennent soudainement pour de grands stratèges, qui revêtent les habits de grands clercs alors qu'ils sont tenus de faire quasiment de la figuration en attendant de passer la main à des responsables infiniment plus responsables ?
Quelles intentions sournoises animent ceux qui s'opposent ouvertement à la formation d'un gouvernement d'experts, de spécialistes compétents, une équipe qui s'occuperait enfin du quotidien des citoyens au lieu de se perdre dans la politique politicienne, dans des règlements de comptes inconséquents qui mènent le pays au bord du gouffre ?
Nagib Mikati l'a bien compris, un peu tardivement quand même : ceux qui l'ont plébiscité n'entendaient nullement lui faciliter la tâche, l'aider à former un cabinet d'union nationale. Leur but, et ils ne s'en cachent d'ailleurs plus, était, est toujours, de mettre carrément la main sur l'exécutif, d'en dégager un blindage, des garanties spécifiques qui les immuniseraient contre des développements externes susceptibles de les affaiblir, de les mettre hors jeu.
Qu'il s'agisse du Tribunal spécial pour le Liban ou des événements en Syrie, du « réveil » occidental à l'égard des dérives du régime de Bachar el-Assad ou du repositionnement autant de la Turquie que du Qatar, les motifs d'inquiétude pour le Hezbollah sont nombreux, calqués sur les mêmes appréhensions qui déstabilisent le pouvoir baassiste.
Et c'est sur ce fond de malaise, de peur d'un futur incertain, que survient l'esclandre provoqué par Charbel Nahas, métamorphosé en redresseur de torts, en justicier investi d'une mission « purificatrice », un esclandre ovationné, bien sûr, par le CPL de Michel Aoun, acclamé par un parti d'inspiration divine qui voit là une raison de plus pour « pleurer » sur les décombres d'un État qu'il s'active à phagocyter par allié interposé...
C'est sur fond de ce même malaise que la Finul se retrouve prise pour cible, attaquée par les sempiternels terroristes de l'ombre, convoyeurs de messages écrits en lettres de sang, à l'heure même où la Syrie encaisse avertissement après avertissement de la part de ceux-là mêmes qui lui avaient consenti des délais de grâce.
Déstabilisation politique, dérive sécuritaire et demain peut-être, dans quelques jours, un scénario-catastrophe bis à la frontière avec Israël pour l'anniversaire de la « naksa » de juin 1967... Syrie en crise, Liban idem : pourquoi le Hezbollah et le CPL s'en formaliseraient-ils ? N'annoncent-ils pas depuis des lustres que le désastre est inévitable ?
De l'esclandre des Télécommunications à l'attentat contre la Finul, de l'implosion du gouvernement aux provocations attendues à la frontière du Sud, tout aura été mis en œuvre pour hâter l'arrivée du pire.
Merci qui ?


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