L'histoire, donneuse de leçons, est éloquente : les prédateurs, les assassins, tôt ou tard, auront à rendre compte pour leurs méfaits, pour leurs crimes. Et les victimes, inévitablement, auront la satisfaction de voir leurs bourreaux traduits en justice, d'assister à leur inexorable descente aux enfers.
Faut-il retourner loin dans le passé pour en avoir la preuve ? Bien sûr que non : de la Tunisie à l'Égypte, de Zine el-Abidine Ben Ali à Hosni Moubarak, des malfrats de Tunis aux « baltajiyas » du Caire, le retour de bâton a été radical, le boomerang percutant, quasiment annihilant. Un exemple vite suivi par les révolutionnaires libyens qui se sont saisis du relais, par les contestataires yéménites qui s'y sont agrippés. Dans leur ligne de mire, des potentats qui refusent l'évidence, qui ne comprennent pas que les aiguilles d'une montre sont conditionnées pour avancer et non pour reculer et que la machine à remonter le temps est une vue de l'esprit.
Un déni, un refus des réalités nouvelles que le régime syrien a fait siennes, convaincu qu'il était de son invulnérabilité, de sa puissance de nuisance contre laquelle s'étaient brisées toutes les tentatives de persuasion, à laquelle s'étaient soumises les démocraties frileuses qui s'imaginaient qu'en le caressant dans le sens du poil elles le maintiendraient dans les limites de l'acceptable, du politiquement correct.
Pragmatisme illusoire qui s'est noyé dans un bain de sang, qui s'est désintégré face aux massacres quotidiens dont sont le théâtre de nombreuses villes syriennes, des horreurs que la Cour pénale internationale serait amenée à placer sous le chapitre de crimes contre l'humanité à l'instar des décisions qu'elle a déjà prises contre le clan Kadhafi.
Processus qui nous conduit directement à La Haye, au Tribunal spécial pour le Liban plus précisément, à l'assassinat originel, celui de Rafic Hariri, déclencheur d'une bourrasque meurtrière qui a placé la Syrie au centre du maelström, au rang de l'accusé naturel au regard du potentiel de nuisance qui n'a épargné aucune partie libanaise...
Damas-La Haye : voilà que ressurgit la piste accablante, celle évoquée il y a quelques jours par Georges Malbrunot du Figaro, citant une source diplomatique française haut placée : pour le procureur Daniel Bellemare si les exécutants du crime sont des éléments du Hezbollah, le cerveau, le commanditaire, lui, se trouve en Syrie...
Des éléments d'enquête qui figureraient dans l'acte d'accusation impatiemment attendu... l'acte dernier d'une tragédie qui déroule ses ultimes péripéties sanglantes dans les venelles de Homs, Banias, Hama, Deraa et d'autres villes martyrs.
Le temps des sanctions est-il donc venu, celui qui mettra un terme aux compromissions, à une lâcheté générale érigée en politique d'État ? Celui qui stoppera la machine infernale qui ensanglante les rives du Barada et rendra enfin justice aux nombreuses victimes tombées aujourd'hui en Syrie et hier au Liban ?
La réponse ne saurait émaner que des instances légitimes internationales, Conseil de sécurité ou Tribunal de La Haye, une réponse qui délivrerait les décideurs des réserves, des appréhensions qui pourraient encore les handicaper...


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