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Ils sont devenus fous...

Le Liban caisse de résonance de tous les conflits de la région, des sautes d'humeur de voisins proches ou lointains, il n'est point besoin d'être prophète en son pays pour prédire que les troubles en Syrie auront un impact sur la situation interne au pays du Cèdre.
Qui aurait imaginé, il y a quelques mois encore, que la Syrie des Assad plongerait aussi vite dans l'instabilité, qu'un climat chaotique envelopperait ses grandes villes, que les instances sécuritaires manifesteraient un tel désarroi criminel face à la contestation populaire ? L'arroseur arrosé, disions-nous dans un précédent article, un effet boomerang qui n'est que le résultat de longues décennies de déni des réalités.
Le retrait précipité des forces syriennes du Liban en 2005, la reconnaissance par Bachar el-Assad lui-même des abus qui y ont été commis, les condamnations internationales de pratiques inqualifiables, auraient dû pourtant alerter les quelques têtes pensantes du régime, les inciter à prêter une oreille attentive aux revendications d'une opposition balbutiante, vite embastillée pour juguler « l'épidémie libertaire ».
Mais il n'y a pire sourd que celui qui s'accroche à ses privilèges, à un pouvoir qu'il ne peut préserver que par la force des baïonnettes et des barbouzes qui lui sont dévoués corps et âme. Les conséquences, sur les rives du Barada, ne pouvaient être que tragiques, et le vent de révolte parti de Tunisie et qui balaie l'ensemble du monde arabe se fraie, aujourd'hui, dans le sang le chemin menant à la liberté.
Quelle qu'en soit l'issue dans l'immédiat, la révolte populaire aura déjà eu pour résultat d'ostraciser le régime Assad sur la scène mondiale, de lui faire perdre les cautions vitales du Qatar et de la Turquie et, surtout, de pousser le Hamas à réviser ses calculs et à se réconcilier avec l'Autorité palestinienne sous la férule de l'Égypte d'après-Moubarak et non plus d'une Syrie à l'avenir incertain.
Cela même alors que l'Iran traverse une passe difficile en raison du conflit à la tête du pouvoir entre l'ayatollah Khamenei et le président Ahmadinejad, et alors que le mouvement contestataire prépare sa résurrection, boosté qu'il est par la vague libertaire dans le monde arabe.

***

Le Liban caisse de résonance des conflits de la région, disions-nous en préambule. Qu'en sera-t-il aujourd'hui, alors que le régime syrien se retrouve au pied du mur ? L'exutoire aura-t-il lieu sur la scène libanaise familière des fuites en avant ? Les alliés de Damas lui faciliteront-ils la tâche dans un contexte communautaire critique ou bien le Hezbollah, à l'instar du Hamas, prendra en compte les développements survenus aussi bien en Syrie qu'en Iran, optant alors pour une position de wait and see ?
Beaucoup d'interrogations pour un Liban exsangue, empêché de se reconstruire, privé de gouvernement, agressé dans son entité. Beaucoup d'inquiétudes pour un État pris en otage, pour une légalité chaque jour un peu plus dépouillée de ses oripeaux par ceux-là mêmes qui s'en prétendent les véritables boucliers.
Les clignotants, tous les clignotants sont au rouge. Lisez les journaux tous les matins, suivez les journaux télévisés tous les soirs : alors que le pays va à vau-l'eau, les hommes qui aspirent à nous gouverner ne songent, eux, qu'à s'envoyer des peaux de banane entre les pattes...
Et il se trouve des « exégètes » pour raconter que le Liban est au mieux de sa forme et ne s'est bien porté qu'après la mort de Rafic Hariri et l'éviction de son fils Saad du pouvoir ! Martyrs de l'indépendance, de la nouvelle indépendance, réveillez-vous, vos descendants sont devenus fous...
Le Liban caisse de résonance de tous les conflits de la région, des sautes d'humeur de voisins proches ou lointains, il n'est point besoin d'être prophète en son pays pour prédire que les troubles en Syrie auront un impact sur la situation interne au pays du Cèdre.Qui aurait imaginé, il y a quelques mois encore, que la Syrie des Assad plongerait aussi vite dans l'instabilité, qu'un climat chaotique envelopperait ses grandes villes, que les instances sécuritaires manifesteraient un tel désarroi criminel face à la contestation populaire ? L'arroseur arrosé, disions-nous dans un précédent article, un effet boomerang qui n'est que le résultat de longues décennies de déni des réalités.Le retrait précipité des forces syriennes du Liban en 2005, la reconnaissance par Bachar el-Assad lui-même des abus qui y ont été...
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