Corruption au sommet, enrichissement illicite, répression des libertés, état d'urgence générateur des pires abus : le décor planté depuis des décennies se lézarde aujourd'hui sous les coups répétés de populations révoltées, parce que trop longtemps réprimées, maintenues dans un état de sujétion.
Les choses vont vite et ce qui semblait hier impossible paraît maintenant évident, ce qui était considéré comme une vue de l'esprit se révèle d'une logique imparable. Une évolution que les moyens de communication, d'Internet à la téléphonie mobile, rendent impossible à bloquer, une révolte que les contestataires, jeunes et moins jeunes, entendent mener à son terme.
Aujourd'hui, ce sont les Syriens qui sont contaminés par le « virus de la liberté », qui sont entraînés dans une spirale enivrante, ce sont les Syriens qui réussissent, à leur tour, à transcender la peur, qui osent même s'attaquer à des symboles intouchables jusqu'à présent, déboulonnant une statue de Hafez el-Assad, lacérant des portraits géants de Bachar.
Une révolte qui fait redécouvrir le droit élémentaire à la dignité, à la liberté d'expression, mais qui réveille en même temps les démons du communautarisme, de la discorde tant redoutée entre alaouites et sunnites, entre une minorité au pouvoir et une majorité trop longtemps confinée à un rôle subalterne.
Pour le régime baassiste, le dilemme est déchirant : soit il continue de recourir à la répression, à qualifier de « complot » les revendications des manifestants, et c'est alors l'instabilité garantie, la descente aux enfers assurée, soit il s'engage de plain-pied dans les réformes, dans l'ouverture démocratique, et c'est là un pari risqué, presque suicidaire, puisqu'il ne peut signifier, à terme, que des changements politiques drastiques, la fin du monopole du parti unique, l'abolition des pratiques sécuritaires qui assuraient la pérennité du pouvoir.
Situation inédite qui se traduit par des hésitations, des déclarations contradictoires, les dirigeants syriens parlant tantôt de « demandes légitimes » des contestataires, d'une corruption qu'il est nécessaire d'éradiquer, tantôt d'une « cinquième colonne », d'éléments étrangers qui créent des problèmes « là où il n'y en a pas »...
Situation inédite aussi pour le Liban qui se retrouve au premier rang d'un théâtre où se joue une pièce intitulée « l'arroseur arrosé ». Une situation annonciatrice de beaucoup de surprises et de coups de théâtre, mais aussi de vestes retournées et de compromissions renouvelées.


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