Des décennies durant, les populations arabes ont été manipulées au gré des humeurs populistes de leurs « guides suprêmes », embrigadées dans des batailles fantasques qui n'avaient pour objectif que de canaliser leurs frustrations contre les « ennemis externes », seuls responsables de leurs malheurs.
De l'impérialisme occidental au colonialisme des nouveaux « croisés chrétiens » (credo repris par un Kadhafi aux abois), du sionisme mondial aux « cinquièmes colonnes » infiltrées dans les rangs arabes, tous les épouvantails possibles et imaginables ont été dressés, agités avec fébrilité, pour épouvanter les masses, les maintenir dans un état de sujétion.
Travail de sape forcené, lavage systématique de cerveaux, désinformation devenue politique d'État, tout cela, comme par enchantement, vient de s'effondrer tel un château de cartes, révélant le visage rabougri de régimes d'un autre temps qui n'ont pas compris que la planète a rétréci, que les idées circulent à la vitesse du vent et que la liberté est indivisible.
Hier, les foules manifestaient contre l'impérialisme et le sionisme, répondaient, comme des automates, à des slogans guerriers, applaudissaient aux énormités de leurs chefs, aujourd'hui, elles descendent dans la rue pour défendre leurs droits, pour exiger une vie digne, pour dire tout haut ce que des années d'oppression les ont contraintes à murmurer tout bas.
Balayée la peur, démasqués les sbires des services de renseignements : de Tunis au Caire, de Sanaa à Manama, de Benghazi à Damas, les barrières s'effondrent, les priorités s'inversent, la soif de liberté et de dignité prend le pas sur toute autre considération, qu'il s'agisse de la menace terroriste ou du danger israélien.
Même à Gaza, soumise aux exactions israéliennes, la foule est descendue dans la rue pour dire tout simplement : « On veut vivre », pour dénoncer des pratiques politiciennes qui briment les libertés, accentuent les divisions et mènent le peuple palestinien vers de nouvelles humiliations.
Dans la quête de la liberté, il n'y a pas deux poids, deux mesures : ce qui est valable pour l'Égypte et la Tunisie, l'est aussi pour Damas et Téhéran. Il n'y a pas de bons révolutionnaires et de mauvais révolutionnaires, l'espérance est la même, le parcours identique et les printemps syrien et iranien écloront un jour ou l'autre, pour la simple raison que l'histoire en marche, comme la liberté, est indivisible.
Le Hezbollah, allié d'un Iran qui réprime les libertés et dont les prisons sont remplies de jeunes contestataires, peut difficilement applaudir à la révolte arabe et occulter, en même temps, les exactions dont est coupable le régime des mollahs. Côté crédibilité, il y a là, de toute évidence, un gros effort à faire...
Pour gagner des batailles, ne l'oublions pas, il faut un peuple libre, non assujetti à la pensée unique ; pour confronter un ennemi externe, il faut un État de droit garant des libertés. L'équation est claire, mais il n'y a de pire sourd et aveugle que celui qui refuse obstinément d'entendre et de voir...


Les Émirats dénoncent une « dangereuse escalade » après une frappe de drone sur un site nucléaire
Ordres d’évacuation israéliens au Liban-Sud et dans la Békaa et tentative d’infiltration au-delà du Litani