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L’appel du destin

Qu'ils aient été des dizaines de milliers, des centaines de milliers ou un million, qu'ils aient réussi ou non à élargir l'éventail de la participation, à convaincre les récalcitrants de s'y engager, l'essentiel, c'est qu'ils se sont retrouvés là où il fallait, au jour convenu, à l'heure précisée.
L'important, c'est qu'ils ont répondu à l'appel du cœur comme de la raison, qu'ils ont martelé de leurs pieds l'espace qui leur est définitivement consacré, celui de la liberté, de la dignité, de l'hommage aux martyrs d'une révolution inachevée.
Ils étaient là non pour applaudir au discours ou à l'éloquence d'un tribun, ni pour faire acte d'allégeance à un parti ou à un mouvement politique, ils étaient là pour dire « khalass », assez : finis les bobards usés, terminés les mensonges et balivernes éculés, voués aux gémonies les retournements de veste, les reniements, la trahison d'une cause malmenée par ses propres défenseurs, par ceux-là mêmes qui ont voulu en être les protecteurs...
Ce n'est pas le 14 Mars que la foule a plébiscité en ce dimanche du souvenir et de colère, ce n'est pas à des hommes qui ont failli à leurs promesses que les hourras ont été adressés ; l'hommage, c'est aux morts qu'il a été rendu, à ceux qui ont payé le prix du sang pour que la révolution du Cèdre puisse réaliser des rêves, des espoirs longtemps écrasés sous les treillis de l'imposture.
Les revendications, les slogans brandis par les manifestants ont sonné comme un dernier avertissement à ceux qui les ont floués, qui les ont abandonnés en cours de route, qui ont cédé à la peur ou au chantage.
Ce n'est pas un « oui » de suivisme qui a été entendu place de la Liberté, mais un « non » assourdissant aux compromissions, à la lâcheté génératrice de doubles discours, de honteuses abjurations, un « non » qui a retenti comme une gifle assénée à ceux qui n'ont pas su être dignes de la confiance, de la mission dont ils avaient été investis il y a six ans déjà.
Que de temps perdu depuis lors, que de reculades qui ont ramené les loups dans la bergerie, déblayé les chemins devant l'avancée des fossoyeurs de la République, des assassins de la légalité.
Mais la rue, aujourd'hui, appartient de nouveau à la même foule qui avait renversé les barrières, pulvérisé les obstacles en ce fameux 14 mars 2005. Une foule qui prend son destin en main, impose la marche à suivre à ceux qui avaient trébuché dans la gestion du mouvement. Son mot d'ordre, son credo, ne peut être que rassembleur : plus d'arsenaux illégitimes, plus de milice armée, avatar d'une résistance dévoyée, qui impose ses termes à l'État, qui décide souverainement de la guerre ou de la paix, qui empêche, par les seules pressions exercées sur les institutions légales, que les réformes tant souhaitées soient enclenchées.
Des réformes pour lesquelles combattent les jeunes de la société civile, ceux qui ont le confessionnalisme en grippe et qui savent parfaitement que sans État de droit il n'y a point de réforme, que sans justice il n'y a point d'avenir.
À l'appel, en ce dimanche de colère, manquaient les militants aounistes, ceux-là mêmes qui, six ans plus tôt, tenaient le haut du pavé au centre-ville, se battaient pour les mêmes idées, pour la même cause.
Des militants embarqués dans une autre bataille, traînant à leur talon d'Achille le boulet du Hezbollah, une surcharge d'opportunité, mais qui est en même temps leur grand point de faiblesse. La messe, de toute évidence, n'a pas encore été dite.
Qu'ils aient été des dizaines de milliers, des centaines de milliers ou un million, qu'ils aient réussi ou non à élargir l'éventail de la participation, à convaincre les récalcitrants de s'y engager, l'essentiel, c'est qu'ils se sont retrouvés là où il fallait, au jour convenu, à l'heure précisée. L'important, c'est qu'ils ont répondu à l'appel du cœur comme de la raison, qu'ils ont martelé de leurs pieds l'espace qui leur est définitivement consacré, celui de la liberté, de la dignité, de l'hommage aux martyrs d'une révolution inachevée.Ils étaient là non pour applaudir au discours ou à l'éloquence d'un tribun, ni pour faire acte d'allégeance à un parti ou à un mouvement politique, ils étaient là pour dire « khalass », assez : finis les bobards usés, terminés les mensonges et balivernes éculés,...
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