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Entre jasmin et papyrus, un cèdre embastillé...

Alors que le monde arabe est en ébullition, que l'histoire s'y fait et s'y défait au gré des révoltes ou des chapes de plomb, le Liban tourne encore autour du pot, une sarabande effrénée, stérile, qui n'a pour conséquence que de préserver le statu quo.
Un statu quo malsain qui enfonce encore plus le pays dans l'inertie, dans la soumission aux forces du fait accompli, qui laisse au seul temps le soin de dénouer, de démêler un imbroglio que des années d'obstructionnisme ont réussi à mettre en place.
Alors que la Tunisie et l'Égypte hument avec délice, dans une même liesse populaire, qui le parfum du jasmin, qui l'odeur ancestrale du papyrus ; alors que l'Algérie, le Yémen et la Jordanie s'interrogent déjà sur des lendemains incertains ; alors que la Syrie serre les boulons parce que « on ne sait jamais » et que la proximité du « mauvais exemple » de démocratie peut donner des idées incongrues à des esprits « malades de liberté », le Cèdre, lui, retient sa résine, retient son souffle, dans un Liban embastillé.
Un Liban qui a vu sa « révolution du mois de Mars » progressivement phagocytée, sournoisement neutralisée, non pas du fait d'une dictature au pouvoir, mais sous les coups répétés de ses propres enfants, ceux qui n'y ont vu qu'une menace à leurs privilèges, à leurs allégeances externes, qu'une atteinte à leurs droits communautaires.
Alors qu'ailleurs, les victimes de l'oppression prennent leur revanche sur les dictatures, arrachent à leurs bourreaux la vérité sur leurs forfaitures, ici ce sont les liberticides qui se mutinent, qui bataillent, arme au poing, pour leur droit à l'impunité...
Alors qu'ailleurs, les murs tombent balayés par les vagues contestataires, ici des murs se dressent pour donner le coup de grâce au « printemps de Beyrouth », pour rétablir le fameux « Ihbat », la soumission à la loi du plus fort.
Terrible paradoxe où l'on voit les dictatures arabes vaciller et tomber l'une après l'autre et la seule démocratie de la région, toute imparfaite qu'elle puisse être, se débattre pour éviter de se retrouver sous la coupe d'une théocratie milicienne, en confrontation avec la légalité internationale.
Le problème, le fond du problème est là, et il ne sert plus à rien de tourner autour du pot : l'échéance de l'acte d'accusation, celui du Tribunal international pour le Liban, frappe aux portes, et il n'est plus loisible de faire la sourde oreille. Que le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, forme un gouvernement unicolore, d'union nationale ou de technocrates, il est une réalité qu'il lui sera impossible d'occulter, des questions auxquelles il est tenu de donner des réponses.
Le Hezbollah et la Syrie peuvent sortir leur artillerie lourde, fulminer contre « l'impérialisme américain » et le « complot sioniste », hurler à la politisation du TSL, tout cela ne changera rien à l'affaire. Monsieur Mikati sait fort bien que de par sa fonction officielle, de par l'engagement qu'il a pris auprès des assises sunnites et des instances internationales, il est tenu de respecter les accords conclus, les protocoles signés.
En ce 14 février, date anniversaire de l'assassinat de Rafic Hariri et de ses compagnons, il est bon de rappeler qu'un mois plus tard, le peuple libanais, aux cris de « liberté, indépendance », a pris son destin en main et a réussi à bouter hors du pays l'armée occupante qui l'opprimait. Une première dans le monde arabe, bien avant la Tunisie du jasmin, bien avant l'Égypte du papyrus.
Cette révolution, si malmenée depuis lors, si injustement galvaudée, reste vivace dans la mémoire des gens. Elle ne pourra trouver sa consécration, sa conclusion, qu'avec la publication de l'acte d'accusation, l'inculpation des criminels qui ont assassiné les Libanais des années durant.
Une Vérité indispensable pour la pérennité du pays du Cèdre. Monsieur Mikati devra s'en souvenir à l'heure des décisions...
Alors que le monde arabe est en ébullition, que l'histoire s'y fait et s'y défait au gré des révoltes ou des chapes de plomb, le Liban tourne encore autour du pot, une sarabande effrénée, stérile, qui n'a pour conséquence que de préserver le statu quo.Un statu quo malsain qui enfonce encore plus le pays dans l'inertie, dans la soumission aux forces du fait accompli, qui laisse au seul temps le soin de dénouer, de démêler un imbroglio que des années d'obstructionnisme ont réussi à mettre en place.Alors que la Tunisie et l'Égypte hument avec délice, dans une même liesse populaire, qui le parfum du jasmin, qui l'odeur ancestrale du papyrus ; alors que l'Algérie, le Yémen et la Jordanie s'interrogent déjà sur des lendemains incertains ; alors que la Syrie serre les boulons parce que « on ne sait jamais » et que la...
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