Selon cette photo tirée de Youtube, l’armée s’est déployée hier soir dans le quartier de Midan, à Homs.
Selon M. Abdel Rahman, les habitants de Hama ont riposté aux manœuvres de la police « en lançant des pierres, en brûlant des pneus et en érigeant des barricades ». « Des tirs ont été entendus dans les quartiers ouest », a-t-il ajouté. « Le régime ne peut pas supporter les manifestations pacifiques d’ampleur et que le gouverneur ait fait peu de choses pour y mettre un terme. Il a décidé de réprimer Hama d’une manière ou d’une autre, en commençant par l’assaut que nous avons observé aujourd’hui », a ajouté M. Abdel Rahman. « Il semble que certains aient conseillé au régime d’opter pour une solution militaire à Hama après la manifestation monstre de vendredi », a déclaré un autre opposant sous le couvert de l’anonymat. Mais « toute opération militaire entraînera des martyrs et ravivera une cicatrice ancienne. Elle déclenchera un soulèvement populaire sur tout le territoire syrien et accentuera l’isolement international du régime », a prévenu cet opposant. Hier, des vidéos diffusées sur Internet ont montré des cars d’agents de la sécurité dans les rues de la ville. « Les habitants de Hama sont en ébullition et en désobéissance civile », ont écrit hier les militants prodémocratie sur la page Facebook Syrian Revolution 2011.
Lors de la manifestation de vendredi, le plus grand rassemblement depuis le début de la contestation mi-mars, aucune présence des services de sécurité n’avait été signalée et aucun protestataire n’avait été tué, selon des militants. Mais dès le lendemain, le gouverneur de Hama a été limogé par un décret du président. Hama, ville de 800 000 habitants à 210 km au nord de la capitale, est depuis 1982 un symbole historique, après la terrible répression d’une révolte du mouvement interdit des Frères musulmans contre le président Hafez el-Assad qui avait fait 20 000 morts.
Selon des militants, le régime ne contrôle plus la ville de Hama depuis le 3 juin, quand 48 manifestants avaient été tués par des tirs des forces de sécurité lors d’un rassemblement de 50 000 personnes contre le régime. Le lendemain, plus de 100 000 personnes avaient participé aux funérailles des victimes.
Malgré les protestations internationales, les sanctions et son isolement, le régime syrien continue de réprimer le mouvement de contestation dont il ne reconnaît pas l’ampleur et persiste à accuser des « groupes terroristes armés » de vouloir semer le chaos dans le pays. Deux civils ont été tués et huit autres blessés dimanche soir par des tirs des forces de sécurité qui dispersaient une manifestation à Hajar Assouad, dans la province de Damas, selon M. Abdel Rahman.
En outre, selon la page Facebook Syrian Network News (SNN), les forces de l’ordre ont prévenu les habitants du quartier de Kaswa, à Damas, qu’elles allaient procéder à de nombreuses arrestations, s’ils persistaient à manifester contre le régime. Toujours selon SNN, les forces de sécurité ont également mené des raids sur la ville de Damir, près de Damas, et ont procédé à plusieurs arrestations.
Par ailleurs, l’armée s’est déployée massivement à Kafr Nabl, à Idlib, et des snipers étaient postés sur plusieurs toits, a indiqué SNN. The Syrian Revolution 2011 a ajouté que des avions militaires survolaient Idlib.
Enfin, dans la soirée, les militaires se sont déployés à Midan, un quartier de Homs, d’après SNN.
Le régime a promis des réformes dont certaines répondent aux exigences de l’opposition et appelé au dialogue, mais il a dans le même temps envoyé ses chars pour étouffer les protestations. L’opposition, affirmant douter des intentions des autorités, réclame désormais la chute du régime. Jusqu’à présent, la répression a coûté la vie à plus de 1 300 civils et poussé des milliers de Syriens à fuir, selon des ONG.
(Source : agences)

