Les rebelles ont, quant à eux, annoncé vouloir négocier avec les proches du guide si ce dernier se retire de la vie politique. « Si on voit que Kadhafi se retire, on est prêts à arrêter (les hostilités) et à négocier avec nos frères qui sont autour de Kadhafi », a indiqué Mansour Sayf el-Nasr, coordinateur en France de la rébellion libyenne, le Conseil national de transition (CNT), en marge du sommet de l’Union africaine à Malabo. « On parle de négociations (...) et on ne parle pas de la guerre. Or nos troupes avancent de tous côtés », a ajouté M. Sayf el-Nasr, n’écartant pas l’idée de prendre Tripoli rapidement. « Si les opérations militaires avancent pour l’encercler à Tripoli, il (Kadhafi) acceptera (de partir). Kadhafi est isolé. Il est dans son bunker. Il ne peut se déplacer. Ce n’est pas une vie », selon le responsable rebelle.
Les insurgés libyens se sont regroupés jeudi sur une ligne de crête dominant une ville stratégique à seulement 80 km de Tripoli et se préparent à une bataille qui pourrait les conduire ensuite vers la capitale.
Aïcha Kadhafi, fille de Mouammar Kadhafi, avait, quant à elle, exclu le départ du dirigeant libyen jeudi soir. « Où voulez-vous qu’il parte ? Ici, c’est son pays, sa terre, son peuple, où pourrait-il partir ? (...) Mon père est un symbole, un guide », a-t-elle déclaré sur France 2, lors d’une interview réalisée à Tripoli. Elle a toutefois affirmé que des négociations directes et indirectes avaient lieu avec les rebelles. « Nous œuvrons pour que cesse de couler le sang des Libyens, et pour cela, nous sommes prêts à nous allier au diable, aux rebelles armés », a-t-elle dit.
Dans ce contexte, les chefs d’État africains, réunis en sommet, ont considéré hier que le leader libyen Mouammar Kadhafi devait être écarté des négociations pour sortir son pays de la crise, a indiqué Ramtane Lamamra, commissaire à la Paix et la Sécurité de l’Union africaine, en citant le document final approuvé par le 17e sommet de l’UA, après plusieurs heures de tractations. Les chefs d’État se sont mis d’accord sur un « accord-cadre », selon M. Lamamra. Ce document doit être soumis par les médiateurs de l’UA – Afrique du Sud, Congo, Mali, Ouganda, Mauritanie – « aux parties libyennes, à savoir le gouvernement de la Jamahiriya libyenne et le Conseil national de transition », selon cet accord.
« C’est un grand succès. Cela a été long, mais c’est sain. Tout le monde a pu donner son avis », a ajouté M. Lamamra.
Parmi les propositions figurent notamment un cessez-le-feu immédiat, l’accès humanitaire ainsi qu’une transition avec des élections démocratiques, selon une source proche de l’UA. Selon cette source, la « transition doit être “consensuelle et inclusive”, c’est-à-dire que toutes les parties, dont Kadhafi, doivent être d’accord et pouvoir participer ».
L’Union africaine a par ailleurs décidé que ses membres n’exécuteraient pas le mandat international lancé par la Cour pénale internationale contre M. Kadhafi.
Parallèlement, à Benghazi, les rebelles ont exprimé leur « profonde gratitude » envers Paris, après que la France eut parachuté des armes aux combattants dans l’ouest du pays. « Il ne doit y avoir aucun doute sur le fait que les Libyens des montagnes de Nafoussa (Ouest) sont en vie et en sécurité aujourd’hui grâce au courage héroïque des rebelles combiné à la sagesse et au soutien français », a déclaré le vice-président du CNT, Abdel Hafiz Ghoza.
La France avait reconnu mercredi avoir livré des armes légères aux rebelles libyens, dans la région du Djebel Nafoussa, au sud-est de Tripoli. Hier, à Moscou, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a affirmé que la France avait informé l’OTAN et le Conseil de sécurité de l’ONU de ses livraisons d’armes, suite à des critiques russes. « Nous avons sur ce point des divergences (avec la Russie), cela ne nous empêche pas de travailler ensemble », a reconnu M. Juppé.
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, s’est montré lui critique au sujet des largages, en dénonçant les différentes « interprétations » de la résolution de l’ONU autorisant le recours à la force pour protéger la population civile.
(Source : agences)


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