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Économie

Le "printemps arabe" néfaste pour l'économie, selon des banquiers

Répercussions Les soulèvements populaires et conflits qui ont secoué la rive sud de la Méditerranée ont eu de graves conséquences économiques avec une chute du tourisme et une importante fuite de capitaux, ont estimé des banquiers arabes au cours d'une conférence à Rome.
OLJ
26/06/2011
Les capitaux quittent les pays touchés par centaines de millions d'euros chaque semaine et la stabilité budgétaire est menacée par la pression pesant sur les gouvernement concernés pour qu'ils augmentent les dépenses et les salaires afin de maintenir la paix sociale, ont mis en garde les participants au Sommet international bancaire arabe.
Mais les banquiers estiment possible de garder espoir sur le long terme si les dirigeants de la région adoptent rapidement des réformes économiques permettant d'aider les petites entreprises et de créer de l'emploi.
"Ces pays ont un potentiel important" et les révolutions dans la région vont en fin de compte "démontrer les bénéfices des changements démocratiques", a déclaré Adnan Ahmad Youssif, président de l'Union des banques arabes basée au Liban.
Il a cependant prévenu qu'à court terme les bouleversements en cours dans la Région du Proche Orient et de l'Afrique du Nord (MENA) auraient un coût économiques.
"L'inflation grimpe, le chômage augmente en raison des révoltes et son taux pourrait atteindre les 12% l'année prochaine", a-t-il dit.
Une vague de protestation en Tunisie a entraîné le départ du président Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier, amorçant un mouvement de protestations populaires dans certains régimes arabes dictatoriaux.
Les pays occidentaux et les institutions financières internationales ont promis des programmes d'aides de plusieurs milliards d'euros pour soutenir les nouveaux gouvernements dans la région et les Etats européens ont demandé un nouveau partenariat économique avec l'Afrique du Nord.
Les turbulences économiques dans la région se sont cependant poursuivies, en particulier à la suite de la répression brutale des mouvements de protestation au Bahreïn, au Yémen, en Libye et en Syrie.
Des dizaines de milliers de jeunes Tunisiens ont également fui leur pays pour tenter leur chance en Europe.
"Nous avons besoin d'un cadre économique pour une croissance durable et équitable qui permette de combler le fossé entre les riches et les pauvres et rende plus forte la classe moyenne", a estimé Joseph Torbey, chef de l'Union mondiale des banquiers arabes. "L'essentiel c'est la stabilité", a-t-il ajouté.
Selon Shamshad Akhtar, une responsable de la Banque mondiale qui s'occupe de cette région, "l'avenir de la MENA est prometteur mais il dépend de la manière dont les pays sauront utiliser leurs ressources, y compris le capital social et humain".
Elle a mis en garde cependant contre le chômage élevé parmi les jeunes, la volatilité des prix du pétrole, la hausse des prix des denrées alimentaires et le manque d'accès au crédit pour les petites entreprises.
"Il y a des fuites de capitaux. 500 millions de dollars quittent chaque semaine le monde arabe. Le tourisme chute et les investissements directs étrangers déclinent", a déploré pour sa part le ministre jordanien des Finances, Mohammed Abou Hammour.
"Nous avons besoin de cinq millions de nouvelles embauches par an mais nous n'avons pas été capables de créer plus de trois millions d'emplois par an", a-t-il expliqué.
M. Hammour a invité à une plus grande intégration économique entre pays arabes et à un soutien plus importants aux PME.
Un grand nombre de banquiers se sont déclarés optimistes sur le long terme, mais pour Mahmoud Al-Bouri, président de la Banque arabe internationale africaine (AAIB), "l'instabilité dans le monde arabe va durer encore des années".

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