Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il détaillerait lundi les affectations de "quelque 20 milliards d'euros de dépenses" prévues par le grand emprunt, mais au-delà, le président devrait aussi rappeler, devant le PM, une dizaine de ministres et la presse, son credo économique et vanter les mérites de son action en faveur de l'industrie, de l'innovation et de l'emploi. /
Cinq ont été retenus après les travaux préparatoires des anciens Premiers ministres Alain Juppé et Michel Rocard et crédités chacun d'une partie du pactole de 35 milliards d'euros, constitué de 22 milliards levés sur les marchés et 13 issus du remboursement des prêts consentis aux banques en 2008.
Une enveloppe de 11 milliards doit ainsi être affectée à l'enseignement supérieur et à la formation, dont 8 pour la seule création de huit "campus d'excellence", une autre de 8 milliards à la recherche, en mettant l'accent sur la santé, les biotechnologies et la capitalisation des "start-ups".
Les PME des filières aéronautiques, spatiales automobiles, ferroviaires et navales doivent pour leur part récolter 6,5 milliards, le secteur numérique 4,5 pour généraliser l'internet haut-débit, et le développement durable 5 milliards, entre autres pour le développement d'un nouveau réacteur nucléaire.
Un an et demi plus tard, tous les appels d'offres ont été lancés, les premiers projets retenus et les premiers chèques tirés.
"Les décisions ont été prises, c'est le moment propice pour faire un bilan", explique-t-on à l'Élysée. Il y a quelques jours, Nicolas Sarkozy a lui-même annoncé qu'il détaillerait lundi les affectations de "quelque 20 milliards d'euros de dépenses" prévues par le grand emprunt.
Mais au-delà, le président devrait aussi rappeler, devant le Premier ministre, une dizaine de ministres et la presse, son credo économique et vanter les mérites de son action en faveur de l'industrie, de l'innovation et de l'emploi. "Il s'agit de tracer des perspectives", dit-on dans son entourage.
Depuis plusieurs mois, le chef de l'État répète inlassablement son même message à chacune de ses visites de terrain.
En inaugurant lundi le salon aéronautique du Bourget, il a défendu à nouveau "la seule stratégie possible, relever le défi de la mondialisation en étant plus innovant, plus imaginatif et plus compétitif".
"Refuser la mondialisation n'a pas de sens, on resterait seul dans notre coin, à bouder. Mais qui le paierait ? Les Français, qui perdraient des emplois", a-t-il poursuivi en référence au thème de campagne lancé par le député Arnaud Montebourg, un des candidats à la primaire socialiste.
Alors que la patronne du PS Martine Aubry s'apprête à entrer dans la course à la présidentielle, Nicolas Sarkozy ne devrait pas manquer l'occasion, même s'il n'est pas encore candidat, d'égratigner ses futurs rivaux, qui ont vu dans son grand emprunt un facteur d'aggravation de la dette.
Sur le thème de la lutte contre les déficits, le président en a donné un avant-goût dès vendredi à Bruxelles. Sans se démonter, il a assuré que le récent rapport du président socialiste de la Cour des comptes dénonçant le déficit "beaucoup trop élevé" du pays visait en fait... le projet de ses amis du PS "qui n'ont pas intégré les contraintes européennes".
La conférence de presse de lundi ne sera que la quatrième donnée à l'Elysée par Nicolas Sarkozy depuis 2007.


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