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Moyen Orient et Monde

Moallem : Nous oublierons que l’Europe figure sur la carte

• Ban Ki-moon juge Assad non crédible

• Des centaines d’opposants arrêtés malgré une deuxième amnistie

• La Syrie dément l’implication de l’Iran et du Hezbollah

Une photo tirée de YouTube montre les funérailles d’un manifestant tué par les forces de sécurité à Homs.

La Syrie a fustigé hier le refus de l’UE de prendre en compte les promesses de réformes de son président, accusant l’Europe de chercher à « semer le chaos » sur son territoire et menaçant de privilégier d’autres pays sur les plans diplomatique et commercial. Le chef de la diplomatie syrienne, Walid Moallem, a aussi estimé, malgré les pressions internationales croissantes dont fait l’objet Damas après trois mois de contestation intérieure, que son pays n’était pas menacé d’une intervention militaire étrangère comme celle de l’OTAN contre la Libye. « Les réactions des responsables de l’Union européenne au discours du président Assad (montrent qu’ils) ont un plan qu’ils veulent poursuivre afin de semer la dissension en Syrie », a déclaré M. Moallem lors d’une conférence de presse à Damas. « Nous oublierons que l’Europe figure sur la carte et nous nous tournerons vers l’est, le sud et partout où une main est tendue à la Syrie. Le monde ne se réduit pas à l’Europe. La Syrie reste ferme », a ajouté le ministre. M. Moallem a également souligné que son pays n’accepterait aucune exigence venant de « l’extérieur de la Syrie ».
Walid Moallem a ajouté que les meurtres de certains policiers et soldats permettaient de soupçonner le réseau el-Qaëda d’être à l’origine d’une partie des incidents.
Sur un ton plus conciliant à l’égard de la Turquie voisine, qui a critiqué le régime et accueilli près de 11 000 réfugiés fuyant la répression dans le nord-ouest syrien, M. Moallem a affirmé que son pays souhaitait « les meilleures relations » avec Ankara, l’appelant à « coopérer » pour un retour des réfugiés.
L’Union européenne est convenue d’étendre ses sanctions contre la Syrie à quatre entités liées à l’armée ainsi qu’à sept personnes, dont trois Iraniens, impliquées dans la répression du mouvement de contestation. Avant la crise en cours, les pays occidentaux comptaient sur Damas pour limiter son alliance stratégique avec l’Iran. En mai, l’UE avait inscrit Assad et d’autres hauts responsables sur une liste de personnes interdites de déplacement dans l’Union et soumises à des blocages d’avoirs. Mardi, un diplomate européen a déclaré que la Grande-Bretagne et la France avaient préparé des listes ajoutant quelques personnes et institutions à celles qui étaient déjà visées. La liste proposée par les Britanniques comprend aussi trois ressortissants iraniens impliqués dans la fourniture de matériels et d’assistance pour la répression des dissidents en Syrie, mais l’un des 27 pays membres de l’UE ne l’a pas approuvée jusqu’ici, a précisé le diplomate.
La Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ont refusé, quant à elles, de soutenir un texte de résolution européen visant à condamner la Syrie pour la répression du mouvement de protestation.
Dans un discours prononcé lundi, son troisième depuis le début des manifestations contre son régime à la mi-mars, le président Bachar el-Assad a prôné un « dialogue national » et annoncé l’élaboration prochaine d’un programme de réformes. Nombre de Syriens et de dirigeants internationaux ont rejeté ses engagements en les qualifiant d’insuffisants. Interrogé au sujet de ce discours, Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, a déclaré hier ne pas percevoir « beaucoup de crédibilité dans ce qu’il a dit ».
Après l’intervention du chef de l’État, les violences ont continué dans le pays, où sept personnes ont été tuées mardi par des hommes armés dans deux villes au cours de manifestations d’éléments pro et anti-Assad, selon un militant d’opposition. Des centaines de personnes ont été en outre arrêtées depuis mardi malgré l’annonce d’une amnistie générale, la seconde en trois semaines, ont déclaré hier des militants des droits de l’homme. Ces arrestations ont surtout été opérées le long de la côte méditerranéenne, dans la ville de Homs et dans la province orientale de Deir ez-Zor. Une centaine d’étudiants ont également été arrêtés et frappés durant la nuit à l’Université de Damas qui a été prise d’assaut par les forces de sécurité, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme. « La situation s’aggrave, les attaques des forces de sécurité et des bandes armées se multiplient, de même que les arrestations arbitraires », précise cet organisme dans un communiqué.
(Source : agences)
La Syrie a fustigé hier le refus de l’UE de prendre en compte les promesses de réformes de son président, accusant l’Europe de chercher à « semer le chaos » sur son territoire et menaçant de privilégier d’autres pays sur les plans diplomatique et commercial. Le chef de la diplomatie syrienne, Walid Moallem, a aussi estimé, malgré les pressions internationales croissantes dont fait l’objet Damas après trois mois de contestation intérieure, que son pays n’était pas menacé d’une intervention militaire étrangère comme celle de l’OTAN contre la Libye. « Les réactions des responsables de l’Union européenne au discours du président Assad (montrent qu’ils) ont un plan qu’ils veulent poursuivre afin de semer la dissension en Syrie », a déclaré M. Moallem lors d’une conférence de presse à Damas....
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