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Moyen Orient et Monde - Libye

Tripoli accuse l’OTAN d’avoir tué 15 civils à Sorman

L’Alliance reconnaît mollement avoir mené un raid dans la ville proche de la capitale, et admet deux autres bavures au cours du week-end.
Le régime libyen a affirmé que 15 personnes, dont trois enfants, avaient été tuées hier dans un nouveau raid de l’OTAN, à Sorman, à l’ouest de Tripoli. Ce raid a visé une résidence d’un vieux compagnon de route du leader Mouammar Kadhafi, selon le porte-parole du régime, Moussa Ibrahim, qui a précisé que celle-ci avait été « touchée par huit missiles ». M. Ibrahim, présent sur les lieux, a dénoncé « un acte terroriste et lâche, qui ne peut être justifié ». Emmenés sur place, des correspondants de la presse internationale ont constaté que plusieurs bâtiments avaient été détruits. À l’hôpital de Sabratha, à une dizaine de kilomètres de Sorman, ils ont vu neuf corps entiers, dont celui de deux enfants, et des morceaux d’autres cadavres, dont celui d’une enfant. La résidence touchée appartient à Khouildi Hemidi, qui faisait partie du conseil de commandement de la révolution de 1969. Selon M. Ibrahim, la plupart des victimes appartiennent à la famille Hemidi. Khouildi Hemidi s’en est sorti sain et sauf, mais deux de ses petits-enfants figurent parmi les enfants tués.
Après l’avoir nié, l’OTAN a finalement admis avoir mené un raid à Sorman. Des avions de l’OTAN ont effectué un « raid de précision » contre un « centre de commandement et de contrôle de haut niveau », a indiqué l’Alliance atlantique. « Cette frappe va grandement réduire la capacité des forces du régime de Kadhafi à poursuivre leurs attaques barbares contre le peuple libyen », a déclaré le commandant de l’opération « Protecteur unifié », le général canadien Charles Bouchard. Un responsable de l’OTAN a indiqué que l’alliance était « au courant » des allégations du régime libyen, ajoutant que l’OTAN ne disposait pas des moyens de vérifier ces affirmations. En l’espace de 24 heures, l’Alliance atlantique a déjà reconnu deux « bavures ». Dimanche, elle a admis avoir tué par erreur des civils lors d’une frappe nocturne à Tripoli. Samedi, l’OTAN avait déjà dû admettre avoir accidentellement frappé une colonne de véhicules rebelles dans la région de Brega, le 16 juin.
Ces événements interviennent à un moment difficile pour l’OTAN. Le 10 juin, la Norvège, qui a envoyé six chasseurs F-16 pour contribuer aux frappes, a annoncé qu’elle allait réduire son engagement, puis qu’elle y mettrait fin à compter du 1er août, deux mois avant l’expiration de l’actuel mandat de l’OTAN. Mais la contestation la plus forte vient des États-Unis, où le président Barack Obama se prépare à un conflit ouvert cette semaine au Congrès, dont nombre de membres ne digèrent pas qu’il ne les ait pas consultés pour autoriser l’intervention. Face au risque d’enlisement du conflit, une réunion de hauts responsables de l’ONU, de l’Union européenne, de la Ligue arabe, de l’Organisation de la conférence islamique et de l’Union africaine a insisté samedi au Caire sur la nécessité d’une solution politique.
Sur le front, de violents combats se sont produits dimanche soir à l’est et à l’ouest de l’enclave rebelle de Misrata, où neuf personnes ont été tuées et 51 blessées dimanche, selon la rébellion, qui a affirmé avoir repoussé plusieurs tentatives des loyalistes d’avancer vers la ville. Depuis le 15 février, le conflit a fait entre « 10 000 et 15 000 » morts et obligé près de 952 000 personnes à prendre la fuite, selon des organisations internationales.
Par ailleurs, la Banque centrale des Émirats arabes unis a ordonné le gel des avoirs de 19 personnalités libyennes en application des sanctions internationales contre le régime de Mouammar Kadhafi, a rapporté hier l’agence de presse WAM.
(Source : AFP)
Le régime libyen a affirmé que 15 personnes, dont trois enfants, avaient été tuées hier dans un nouveau raid de l’OTAN, à Sorman, à l’ouest de Tripoli. Ce raid a visé une résidence d’un vieux compagnon de route du leader Mouammar Kadhafi, selon le porte-parole du régime, Moussa Ibrahim, qui a précisé que celle-ci avait été « touchée par huit missiles ». M. Ibrahim, présent sur les lieux, a dénoncé « un acte terroriste et lâche, qui ne peut être justifié ». Emmenés sur place, des correspondants de la presse internationale ont constaté que plusieurs bâtiments avaient été détruits. À l’hôpital de Sabratha, à une dizaine de kilomètres de Sorman, ils ont vu neuf corps entiers, dont celui de deux enfants, et des morceaux d’autres cadavres, dont celui d’une enfant. La résidence touchée...
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