Contre la crise et le chômage, des dizaines de milliers d’Espagnols ont envahi hier les rues de Madrid, aux cris de « cette crise nous ne la paierons pas ». Josep Lago/AFP
« Organise-toi et lutte. Marchons ensemble contre le chômage et le capital », proclamait une grande pancarte ouvrant la marche de la « colonne sud-ouest », partie le matin de Leganes, une ville-dortoir à une quinzaine de kilomètres au sud de Madrid. Les cibles : le pacte de stabilité de la zone euro et ses impératifs de rigueur budgétaire, les hommes politiques accusés de corruption et de ne pas entendre la voix des citoyens, le chômage qui frappe 21,29 % de la population active en Espagne, presque la moitié des moins de 25 ans. « Nous devons préparer une grève générale. Nous allons paralyser ce pays », lançait un orateur au micro. « Les banques et les gouvernements qui ont provoqué cette situation doivent savoir que nous ne sommes pas d’accord avec les mesures et les coupes budgétaires, que nous avons l’intention de nous faire entendre et que nous le ferons », assurait la plate-forme appelant à manifester dans toute l’Espagne.
Dans le cortège qui descendait la grande avenue de la Castellana, traversant Madrid du nord au sud, des manifestants de tous âges, familles avec poussettes, jeunes, chômeurs et retraités, venaient témoigner d’une même lassitude face à la crise qui étrangle la société espagnole. Et de l’espoir que cette fronde soudaine, qui a surpris le pays il y a un mois, sera entendue de la classe politique.
Cinq semaines après l’apparition du mouvement, la mobilisation ne semblait pas faiblir puisque la foule était estimée à plusieurs dizaines de milliers de personnes. Le quotidien el Mundo, citant la police, avançait le chiffre de 35 000 à 40 000 manifestants.
(Source : AFP)


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