Cette déclaration a coïncidé avec l’arrivée de l’émissaire spécial du Kremlin pour l’Afrique, Mikhaïl Marguelov, à Tripoli, où il s’est entretenu avec le chef du gouvernement Baghdadi Mahmoudi qui a affirmé que la question du départ de Mouammar Kadhafi était « une ligne rouge » à ne pas franchir lors de tout dialogue. L’émissaire, cité par les agences russes, a répété que « Kadhafi n’a pas de place dans l’avenir de la Libye. Si le colonel annonce qu’il part et est prêt à un processus politique, les actions (militaires) peuvent s’arrêter très rapidement ». Mikhaïl Marguelov a en outre affirmé que « des contacts directs entre Benghazi (fief de la rébellion dans l’est de la Libye) et Tripoli sont déjà en cours ». Il a également indiqué que le chef du gouvernement libyen lui avait « raconté qu’hier encore (mercredi) un round de ces contacts a eu lieu à Paris ». L’émissaire russe entend présenter après sa mission à Tripoli une « feuille de route » pour une sortie de crise.
Dans le même temps, les présidents chinois Hu Jintao et russe Dmitri Medvedev ont accusé l’OTAN d’interpréter « arbitrairement » la résolution 1973 en ne se limitant plus à la protection des civils mais en voulant la chute du régime, ce que la France a reconnu. En visite à Alger, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a admis « que les résolutions de l’ONU ne demandent pas le départ de Mouammar Kadhafi », ajoutant : « Mais nous, nous le demandons. »
Sur un autre plan, une « grande assemblée » à laquelle participeront tous les chefs de tribu et les représentants de la société civile de Libye se tiendra à Rome, « probablement la semaine prochaine », a annoncé hier le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini. Le ministre a également annoncé la signature aujourd’hui d’un « accord de coopération » sur l’immigration, avec le Conseil national de transition (CNT), organe des insurgés libyens. Selon lui, cet accord vise à « prévenir et lutter contre le flux d’immigrés irréguliers, y compris sur la problématique des rapatriements ». Par ailleurs, l’Espagne a annoncé hier qu’elle allait expulser l’ambassadeur de Libye, le régime Kadhafi ayant perdu « toute légitimité ».
Aux États-Unis, des élus de la Chambre des représentants ont déposé une plainte contre la décision de M. Obama de se passer du feu vert du Congrès pour lancer ses opérations en Libye. Mais selon la Maison-Blanche, M. Obama a agi « conformément à la “loi sur les pouvoirs de guerre” ». Les opérations militaires et humanitaires en Libye ont jusqu’ici coûté plus de 715 millions de dollars aux États-Unis, selon un rapport envoyé mercredi au Congrès par l’administration Obama.
Sur le terrain, les rebelles se sont emparés dans l’ouest des bourgades de Zawit el-Bagoul, el-Lawanya et Ghanymma, sur la route menant à Yefren, ville contrôlée par la rébellion. Depuis trois jours, les insurgés qui contrôlent Zenten progressent vers Yefren, deux localités au sud-ouest de Tripoli distantes de moins de 30 km. Leur objectif est de faire la jonction entre les deux villes en prenant le contrôle des villages les séparant.
Au sud de Tripoli, la télévision d’État libyenne a affirmé que douze personnes avaient été tuées dans un raid aérien de l’OTAN contre un bus à l’entrée de Kikla. L’OTAN a démenti les affirmations du régime selon lesquelles ces victimes ont péri mercredi dans un de ses raids, affirmant n’avoir mené aucune frappe dans cette localité.
(Source : agences)


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