M. Maliki avait pris en février l'engagement d'évaluer l'ensemble de son équipe à l'issue de ces 100 jours, en affirmant alors que des « changements » auraient lieu. Mais lundi soir, il a laissé entendre qu'aucun ministre ne serait sanctionné, affirmant que ses propos de février avaient été mal compris. « Il y a ceux qui cherchent à dénaturer le concept de cette initiative », a déclaré M. Maliki dans un discours retransmis par la chaîne publique Iraqiya.
Hier matin, plusieurs journaux irakiens jugeaient sévèrement l'attitude du Premier ministre, tel le quotidien indépendant el-Alam, qui estime que le gouvernement doit, à l'issue de ces 100 jours, « montrer des réalisations tangibles à la population, et non des paroles et des slogans ».
L'Irak a connu en début d'année ses plus importantes manifestations depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, et des milliers d'Irakiens inspirés par la contestation dans les autres pays arabes ont conspué l'inefficacité de la classe politique, fustigeant le chômage, la corruption et le manque de services publics.
De nombreux chantiers de voirie, de réparation des égouts on été lancés ces derniers mois par le gouvernement, qui a annoncé en outre des projets de construction pour répondre à la grave crise du logement, et un projet de subvention du carburant pour les générateurs privés palliant la grave pénurie de courant. Mais aucun progrès n'a été fait sur certaines questions cruciales pour l'avenir de l'Irak, et notamment le dossier politiquement très sensible d'un éventuel report du retrait des forces américaines, prévu à la fin de l'année.
De nouvelles manifestations contre le gouvernement sont d'ores et déjà prévues vendredi, à l'initiative notamment d'un groupe sur Facebook, intitulé « La grande révolution irakienne », qui compte 35 000 membres.
(Source : AFP)


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