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Moyen Orient et Monde - Contestation

L’opposition yéménite intensifie son action contre le retour de Saleh à Sanaa

Des dizaines de milliers de jeunes protestataires ont manifesté hier à Sanaa contre un retour du président Ali Abdallah Saleh, hospitalisé à Riyad, tandis que l'opposition parlementaire s'est dit déterminée à empêcher son retour. Par ailleurs, des opposants ont pris le contrôle d'une bonne partie de la ville de Taëz après des combats avec les forces loyales au chef de l'État.

Des protestataires anti-Saleh manifestent à Sanaa en compagnie de membres des forces armées qui se sont joints à l’opposition.Ahmad Gharabli/AFP

Taëz, l'une des premières villes à s'être levée contre M. Saleh, est aux mains des rebelles, selon un chef tribal, cheikh Hammoud Saïd el-Mekhlafi, chef du conseil tribal de Taëz. Cheikh Mekhlafi a indiqué que des éléments tribaux armés avaient été déployés dans la ville « pour protéger les manifestants pacifiques (...) après le génocide » commis selon lui par les forces du régime. Plus de 50 manifestants avaient été tués le 30 mai selon les Nations unies lors du démantèlement par la force d'un sit-in d'opposants sur la place de la Liberté dans la ville. « En tant que tribus, nous nous sommes déployées autour des installations gouvernementales (...) que nous contrôlons actuellement pour les protéger des bandits », a ajouté le chef tribal. Selon lui, les affrontements se sont poursuivis jusqu'à hier matin avec les troupes pro-Saleh, notamment la garde républicaine et la Sécurité centrale.
Par ailleurs, à Sanaa, des dizaines de milliers de jeunes protestataires ont manifesté hier contre un retour au pouvoir du président contesté Ali Abdallah Saleh et pour réclamer un conseil présidentiel transitoire. Ces manifestants se sont rassemblés sans incident devant la résidence du vice-président Abed Rabbo Mansour Hadi en criant : « Non au retour de Saleh. » Le président est actuellement hospitalisé en Arabie saoudite, après avoir été blessé vendredi dans une attaque contre le palais présidentiel à Sanaa. Ils ont également réclamé un conseil présidentiel transitoire. « Les jeunes ont manifesté leur joie par rapport au départ de Saleh, mais nous avons décidé de manifester après l'annonce d'un prochain retour de l'ancien président afin de faire parvenir leur voix à la communauté internationale », a déclaré Wassim el-Qirchi, l'un des meneurs des jeunes, avant le début de la manifestation. « Il est libre de rentrer, mais en tant que simple citoyen », a-t-il ajouté.
À Zinjibar, au sud du pays, des combats se sont déroulés dans la nuit à l'entrée de la ville tombée le 29 mai aux mains d'extrémistes se réclamant d'une organisation inconnue, les Partisans de la charia, et présentés par les autorités comme des combattants d'el-Qaëda. Selon des sources militaires, quinze personnes, dont neuf soldats, ont été tuées et dix blessées lorsque l'armée a tenté d'avancer vers la ville pour porter secours à des soldats encerclés. En revanche, au moins 30 « membres d'el-Qaëda », dont l'un de ses chefs locaux, ont été tués dans ces combats, a annoncé hier le ministère yéménite de la Défense.
Parallèlement, deux gardes-frontières saoudiens ont été abattus hier par un Saoudien qui tentait de fuir au Yémen et qui a fini par être abattu à son tour, a indiqué le ministère de l'Intérieur à Riyad. L'homme a tenté de forcer son passage à travers les barrières métalliques hier peu avant l'aube à bord d'un véhicule tout-terrain en tirant abondamment à l'aide d'une arme automatique, selon le porte-parole du ministère. L'homme s'est ensuite réfugié dans le poste frontalier de Wadia en continuant de tirer abondamment sur les gardes-frontières qui ont fini par l'abattre, a précisé le porte-parole. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de l'incident et les raisons qui ont poussé cet homme, fortement armé, à tenter de forcer son passage vers le Yémen à travers la frontière saoudienne, selon le porte-parole.
(Source : AFP)
Taëz, l'une des premières villes à s'être levée contre M. Saleh, est aux mains des rebelles, selon un chef tribal, cheikh Hammoud Saïd el-Mekhlafi, chef du conseil tribal de Taëz. Cheikh Mekhlafi a indiqué que des éléments tribaux armés avaient été déployés dans la ville « pour protéger les manifestants pacifiques (...) après le génocide » commis selon lui par les forces du régime. Plus de 50 manifestants avaient été tués le 30 mai selon les Nations unies lors du démantèlement par la force d'un sit-in d'opposants sur la place de la Liberté dans la ville. « En tant que tribus, nous nous sommes déployées autour des installations gouvernementales (...) que nous contrôlons actuellement pour les protéger des bandits », a ajouté le chef tribal. Selon lui, les affrontements se sont poursuivis jusqu'à hier...
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