Dans cette photo datée du 9 mars dernier, Eyal (à droite) et son frère Idan (à gauche) entourent leur père Sammy Ofer. Photo AFP
Né en Roumanie, résidant à Monaco, Sammy Ofer a construit un véritable empire industriel comportant notamment la compagnie de navigation Zim, des sociétés de construction et une participation dans la Mizrahi Bank, une des principales banques israéliennes. Il était considéré comme l'homme le plus riche d'Israël, le capital du groupe qu'il contrôlait avec son frère Yuli, plus jeune, étant estimé à plus de 10 milliards de dollars par le magazine Forbes.
Son décès intervient quelques jours après une série de révélations sur des relations présumées du groupe Ofer avec l'Iran, alimentant une vive polémique portant sur des profits juteux sous couvert de missions d'espionnage. L'affaire a éclaté quand les États-Unis ont placé le groupe israélien sur une liste noire parce qu'il avait vendu en septembre 2010 un bateau-citerne pour 8,6 millions de dollars à la compagnie maritime iranienne Islamic Republic of Iran Shipping Lines, en violation de l'embargo international frappant Téhéran pour ses activités nucléaires controversées. Par ailleurs, selon les médias israéliens, au moins 13 pétroliers du groupe ont mouillé en Iran ces dix dernières années. Selon des responsables des services de sécurité cités par le quotidien israélien Yediot Aharonot, les frères Ofer auraient « rendu un important service à l'État d'Israël ». Un ex-chef du Mossad (les services secrets israéliens), Rafi Eytan, n'a pas écarté la possibilité que les compagnies des frères Ofer aient pu couvrir des opérations secrètes, rappelant que dans le passé, le Mossad « avait eu recours à l'assistance d'hommes d'affaires ». Un spécialiste du renseignement israélien, le journaliste et écrivain Yossi Melman, estime toutefois que de tels « services » ne sauraient justifier des opérations commerciales avec l'Iran. Le journaliste du Haaretz a déploré le fait que « Sammy Ofer ne pourra plus s'expliquer sur cette affaire », tout en soulignant que « c'était moins lui personnellement que sa société qui avait été mis en cause ».
(Source : AFP)


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