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Moyen Orient et Monde - Libye

Kadhafi est de « plus en plus isolé », affirment les États-Unis

Moscou va envoyer un médiateur à Benghazi et à Tripoli.
Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, dont le régime fait face à un mouvement de contestation depuis plus de trois mois, est « de plus en plus isolé », a affirmé hier le chef d'état-major interarmées américain Michael Mullen, en référence à la défection annoncée mercredi du ministre du Pétrole du régime de Kadhafi, Choukri Ghanem, qui s'ajoute à des dizaines d'autres personnalités ou officiers. M. Mullen a aussi fait part d'informations annonçant la défection de « jeunes généraux » libyens.
Sur le plan diplomatique, Malte a rejoint la France, l'Italie, le Royaume-Uni, le Qatar, la Gambie et la Jordanie en annonçant considérer le CNT comme « le seul représentant légitime du peuple libyen ». Parallèlement, Moscou va dépêcher un « envoyé spécial » à Benghazi et à Tripoli pour effectuer une médiation dans le conflit libyen, a annoncé l'agence italienne ANSA citant des sources diplomatiques. Le président russe Dmitri Medvedev a fait cette annonce hier à Rome au cours d'une rencontre trilatérale avec le vice-président américain Joseph Biden et le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi. Pendant leur entretien, les trois dirigeants se sont félicités d'une « convergence de vues » sur la Libye. « Nous aimerions autant que possible que le problème soit résolu à travers des négociations et pas par des moyens militaires », avait déclaré M. Medvedev devant la presse, tout en reconnaissant que « c'est une voie très difficile ».
Entre-temps, les tentatives de trouver une solution politique au conflit sont au point mort, M. Kadhafi refusant de partir malgré les défections et les sanctions et pressions internationales. Face à l'attitude de défi de M. Kadhafi, le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a annoncé une prolongation pour trois mois de la mission de l'Alliance en Libye, prévue initialement de finir fin juin. Il a émis l'espoir d'avoir une solution au conflit avant fin septembre. « Mais nous resterons engagés aussi longtemps que nécessaire », a-t-il ajouté tout en répétant que le départ du colonel libyen n'était qu'une question de temps.
Sur un autre plan, Abdul Hafiz Ghoga, vice-président du CNT, a reconnu hier que les rebelles libyens ont commis « par deux fois des violations » des droits de l'homme, au moment où la rébellion craignait des actions terroristes des forces pro-Kadhafi à Benghazi. « Nous craignions une cinquième colonne agissant dans la ville », a-t-il expliqué. « Nous cherchons les coupables, nous les traduirons en justice », a-t-il poursuivi, avant d'affirmer que les forces rebelles essayaient « de traiter les prisonniers de guerre selon la convention de Genève ». Mercredi, une commission d'enquête du Conseil des droits de l'homme de l'ONU a conclu que le régime de Mouammar Kadhafi avait commis des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, mais que l'opposition avait aussi commis « quelques actes qui constituent des crimes de guerre ». Citant des estimations du régime, de la rébellion et d'ONG, elle a ajouté que les violences avaient fait entre « 10 000 et 15 000 morts » depuis le 15 février. Plus de 890 000 personnes, essentiellement des travailleurs migrants, ont été contraintes à la fuite, selon l'ONU.
Sur le terrain, la capitale libyenne Tripoli a de nouveau été la cible des raids aériens nocturnes de l'OTAN. L'Alliance a mené dans la nuit de mercredi à jeudi des raids intensifs sur Tripoli où au moins une douzaine de puissantes explosions ont été entendues, mais les sites visés n'étaient pas connus. La capitale libyenne est la cible de raids intensifs de l'Alliance atlantique depuis près d'une dizaine de jours. La veille, elle a affirmé avoir visé dans la région de Tripoli un entrepôt de véhicules, un lanceur de missiles sol-air dans les environs de Mizda, et un entrepôt de munitions et un radar de conduite de tir à Houn. Selon le gouvernement libyen, 718 civils ont été tués et 4 067 blessés dans les raids de l'OTAN entre le 19 mars, date du début de l'opération militaire en Libye, et le 26 mai. Mais ce bilan ne peut être confirmé de source indépendante.

(Source : AFP)
Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, dont le régime fait face à un mouvement de contestation depuis plus de trois mois, est « de plus en plus isolé », a affirmé hier le chef d'état-major interarmées américain Michael Mullen, en référence à la défection annoncée mercredi du ministre du Pétrole du régime de Kadhafi, Choukri Ghanem, qui s'ajoute à des dizaines d'autres personnalités ou officiers. M. Mullen a aussi fait part d'informations annonçant la défection de « jeunes généraux » libyens.Sur le plan diplomatique, Malte a rejoint la France, l'Italie, le Royaume-Uni, le Qatar, la Gambie et la Jordanie en annonçant considérer le CNT comme « le seul représentant légitime du peuple libyen ». Parallèlement, Moscou va dépêcher un « envoyé spécial » à Benghazi et à Tripoli pour effectuer une...
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