« C'est la non-dénonciation d'un crime », a accusé hier l'ancienne ministre de la Justice Rachida Dati, ex-magistrate. S'il « sait des choses, il doit dénoncer les faits et indiquer de qui il s'agit », a encore affirmé la députée européenne, estimant que la justice alors allait certainement « s'emparer de ces propos ». Même indignation chez le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé. « Si M. Luc Ferry a la preuve qu'il y a eu un comportement délictueux ou criminel (...), que M. Ferry saisisse la justice », a-t-il déclaré.
Le porte-parole du gouvernement François Baroin a quant à lui jugé « vraiment surprenant » ce qu'a dit Luc Ferry. « Soit il est détenteur favorisé d'informations qui s'appuient sur des faits, et dans ce cas il a le devoir de saisir la justice, soit il rapporte des propos qu'il a entendus dans les couloirs et, dans ce cas-là, il n'est plus le philosophe de la rumeur, mais il en devient un acteur essentiel », a déclaré M. Baroin, à l'issue du Conseil des ministres.
Face aux critiques, Luc Ferry a tenté de se justifier. « J'ai souhaité défendre la presse qui respectait la vie privée et qui ne se rendait pas coupable de diffamation. Je n'ai aucune preuve, ni aucun fait précis sur cette affaire, mais à l'époque où j'étais ministre, j'en ai entendu parler », a déclaré le philosophe sur le site Internet de L'Express. Selon l'hebdomadaire français, les propos de M. Ferry faisaient référence à « une vieille rumeur » mettant en cause l'ancien ministre Jack Lang. « Je ne souhaite pas me mêler de ces histoires pour l'instant », a réagi le socialiste, tout en affirmant au Figaro qu'il est prêt à poursuivre pénalement ceux qui « mettront son honneur en cause ».
Le parquet de Paris a, de son côté, annoncé hier soir avoir ouvert une enquête préliminaire sur cette affaire.
(Source : AFP)


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