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Moyen Orient et Monde - Polémique

Parfum de mystère sur l’affaire des pétroliers israéliens en Iran

Les frères Ofer auraient « rendu un important service » à l'État hébreu, selon le « Yediot Aharonot » citant des « responsables des services de sécurité ».

Une photo d’archives montrant Sami Ofer (à droite), dont le groupe est à l’origine du scandale, posant avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse, Sara. Moti Kimhi/AFP

Le mystère entourant des relations présumées du puissant conglomérat israélien Ofer avec l'Iran, ennemi déclaré d'Israël, alimente une vive polémique portant sur des profits juteux sous le couvert de missions d'espionnage. L'ajournement-
surprise mardi du débat consacré à cette affaire à la commission de l'Économie de la Knesset, le Parlement israélien, est au centre de discussions, et des questions se posent sur l'influence occulte sur le monde politique prêtée au groupe des frères Ofer, à l'origine du scandale, et de l'ampleur de leurs relations commerciales avec l'Iran.
L'affaire a été révélée par les médias israéliens qui ont affirmé qu'au moins treize pétroliers des frères Ofer avaient mouillé dans des ports iraniens ces dix dernières années.
Interrogé par la radio publique, le président de la commission économique Carmel Shama-HaCohen, député du Likoud (le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu), a tenté de justifier sa décision d'interrompre la réunion du Knesset après avoir reçu un mystérieux « billet ». « Des responsables des services de sécurité ont expliqué que des déclarations de députés basées sur des spéculations pouvaient provoquer des dégâts. De plus, aucun représentant des frères Ofer ni du ministère de la Défense ne sont venus, alors à quoi bon tenir cette réunion », s'est borné à affirmer le député. Il faisait notamment allusion aux propos ambigus de Meir Dagan, l'ancien patron du Mossad, le service du renseignement extérieur, qui a affirmé lundi que le « traitement de cette affaire était exagéré », provoquant des rumeurs sur de possibles missions d'espionnage auxquelles auraient pu se livrer des membres d'équipage des tankers appartenant aux frères Ofer dans des ports iraniens. Cette hypothèse a également été évoquée par des « responsables des services de sécurité » cités par le quotidien Yediot Aharonot selon lesquels les frères Ofer auraient « rendu un important service à l'État d'Israël ».
En revanche, Yossi Melman, journaliste du quotidien Haaretz, ainsi que Einat Wilf, députée du parti Hatzmaout du ministre de la Défense Ehud Barak, ont évoqué une possible manipulation. « En évoquant la piste de l'espionnage, les proches des frères Ofer veulent brouiller les pistes avec des histoires à la James Bond pour cacher le fait qu'ils ont violé la loi interdisant des relations commerciales avec l'Iran », a affirmé Yossi Melman à la radio publique. Il a également estimé que les affaires avec l'Iran avaient rapporté quelque 30 millions de dollars au groupe Ofer. « On tente de créer un écran de fumée pour défendre d'énormes intérêts économiques en utilisant le prétexte de la sécurité pour que tout le monde dise "amen" et ne pose pas de question », a ajouté la députée Wilf.
Les médias soulignent également les ramifications du groupe des frères Ofer dans le monde politique. Yaakov Amidror, actuel chef du conseil de la sécurité nationale, était ainsi avant son nomination il y a deux mois membre du conseil d'administration de plusieurs des sociétés d'Israel Corporation, la holding contrôlée par les frères Ofer. L'ancien directeur général du ministère de la Défense Pinhas Buchris et l'ex-chef du Shin Beth, le service de sécurité intérieure, Yaakov Perry, sont aussi employés par des sociétés liées aux frères Ofer.
En vertu d'une loi israélienne, l'Iran est considéré comme « pays ennemi », et le ministère des Finances est compétent pour appliquer une loi de 1939 remontant au mandat britannique qui interdit de commercer avec l'ennemi. Les États-Unis ont placé le groupe israélien sur une liste noire parce qu'il a vendu en septembre 2010 un bateau-citerne pour 8,6 millions de dollars à la compagnie maritime iranienne IRISL (Islamic Republic of Iran Shipping Lines) en violation de l'embargo international frappant Téhéran pour ses activités nucléaires controversées.
(Source : AFP)

Le mystère entourant des relations présumées du puissant conglomérat israélien Ofer avec l'Iran, ennemi déclaré d'Israël, alimente une vive polémique portant sur des profits juteux sous le couvert de missions d'espionnage. L'ajournement-surprise mardi du débat consacré à cette affaire à la commission de l'Économie de la Knesset, le Parlement israélien, est au centre de discussions, et des questions se posent sur l'influence occulte sur le monde politique prêtée au groupe des frères Ofer, à l'origine du scandale, et de l'ampleur de leurs relations commerciales avec l'Iran.L'affaire a été révélée par les médias israéliens qui ont affirmé qu'au moins treize pétroliers des frères Ofer avaient mouillé dans des ports iraniens ces dix dernières années. Interrogé par la radio publique, le président de la...
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