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Économie - Énergie

Abandon du nucléaire : le groupe EON menace Berlin d’un combat juridique

Le numéro un allemand de l'énergie EON a exigé hier des compensations pour l'abandon prévu de l'atome civil en Allemagne en 2022 et veut porter plainte contre une taxe sur le combustible nucléaire, caduque selon lui.
« EON va porter plainte contre la taxe sur le combustible nucléaire », a dit le groupe dans un communiqué, en estimant que « le maintien de cette taxe malgré des durées d'exploitation réduites (des réacteurs) pose des problèmes juridiques ».
Le groupe a par ailleurs assuré que le maintien de cette taxe pénalisait ses investissements dans les énergies renouvelables et le handicapait face à ses concurrents européens.
Le gouvernement allemand avait, l'an dernier, décidé de prolonger la durée de vie des réacteurs allemands et imposé en contrepartie une taxe sur le combustible devant lui rapporter 2,3 milliards d'euros par an.
Mais la chancelière Angela Merkel vient d'annuler ce délai, tout en maintenant la taxe. La semaine dernière, certains dirigeants politiques avaient plaidé pour la suppression d'un impôt, qui, aux yeux de certains, n'a plus lieu d'être.
EON s'incline devant la « volonté politique majoritaire » d'éteindre le dernier réacteur allemand en 2022 au plus tard, mais dit « attendre évidemment une compensation pour les pertes se chiffrant en milliards d'euros » liées à cet abandon plus rapide de l'atome civil.
« Je prévois des charges de plus de 10 milliards d'euros liées à l'acte politique de réduction de la durée de vie des centrales et à la fermeture des réacteurs », a détaillé le patron du groupe, Johannes Teyssen, dans un entretien à paraître mercredi dans le Frankfurter Allegmeine Zeitung (FAZ).
« Les charges liées au changement de cap énergétique doivent être supportées par toute la société », a-t-il plaidé, indiquant qu'il allait mener des discussions avec les politiques pour atteindre « une compensation équitable ».
Sans l'exprimer aussi clairement, EON appelle au moins à une suppression de l'impôt sur le nucléaire.
« Dans un premier temps, le groupe mise sur le dialogue pour éviter une confrontation juridique », précise le communiqué.
EON est, avec son concurrent RWE, le principal opérateur de réacteurs nucléaires en Allemagne. À eux deux, les deux groupes sont propriétaires de 13 des 17 réacteurs encore en activité avant la catastrophe de Fukushima, pour certains par le biais de participations minoritaires.
RWE a dit jusqu'ici « laisser la porte ouverte » à une plainte contre la taxe sur le combustible nucléaire. Mais le numéro deux de l'énergie dans le pays a déjà porté plainte contre la décision du gouvernement mi-mars de fermer les sept plus anciens réacteurs du pays. Ceux-ci ne vont jamais redémarrer, selon le plan annoncé lundi par Berlin.
©AFP
« EON va porter plainte contre la taxe sur le combustible nucléaire », a dit le groupe dans un communiqué, en estimant que « le maintien de cette taxe malgré des durées d'exploitation réduites (des réacteurs) pose des problèmes juridiques ».Le groupe a par ailleurs assuré que le maintien de cette taxe pénalisait ses investissements dans les énergies renouvelables et le handicapait face à ses concurrents européens.Le gouvernement allemand avait, l'an dernier, décidé de prolonger la durée de vie des réacteurs allemands et imposé en contrepartie une taxe sur le combustible devant lui rapporter 2,3 milliards d'euros par an.Mais la chancelière Angela Merkel vient d'annuler ce délai, tout en maintenant la taxe. La semaine dernière, certains dirigeants politiques avaient plaidé pour la suppression d'un impôt, qui,...
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