Portant des tee-shirts et des casquettes aux couleurs irakiennes, des militants sadristes ont défilé au pas sur une longue avenue du quartier déshérité de Sadr City, foulant des drapeaux américain, britannique et israélien peints sur la chaussée. « Nous n'accepterons pas qu'un seul soldat américain reste ici », a déclaré Adnane al-Moussaoui, un manifestant, tandis que d'autres brûlaient des drapeaux américains et israéliens. « L'occupation ne nous a servi à rien et il est de notre devoir religieux de chasser chaque militaire américain », a ajouté Adnane al-Moussaoui. Selon un journaliste étranger, des milliers de manifestants défilaient dans les rues, mais un responsable du bureau de Moqtada Sadr à Najaf, au sud de Bagdad, a estimé leur nombre à 100 000 personnes. Ce responsable a affirmé que Moqtada Sadr s'était rendu en personne à Sadr City, dans un convoi de véhicules, dans l'intention d'y prononcer un discours, mais qu'il n'avait pas pu sortir de sa voiture en raison de la foule. « Oui, oui, à notre leader », a scandé la foule à l'arrivée du convoi d'une quarantaine de voitures. Le journaliste étranger n'a pas été en mesure de vérifier que Moqtada Sadr se trouvait à l'intérieur. « Non à l'occupation », criaient des manifestants lors de ce rassemblement organisé pour l'anniversaire de Fatima, fille du prophète Mohammad et épouse de Ali, une des figures les plus révérées par les chiites.
Huit ans après l'invasion, l'armée américaine compte encore 45 000 hommes en Irak, qui se consacrent essentiellement à la formation de la police et de l'armée irakiennes et devront être partis à la fin de l'année, en vertu de l'accord bilatéral conclu fin 2008. Or l'armée irakienne est loin d'être prête à remplir toutes ses missions conventionnelles et le pays demeure le théâtre de violences meurtrières. Dans ce contexte, M. Maliki a prôné le 11 mai la tenue d'une réunion de l'ensemble des courants pour trancher la question - politiquement très sensible - d'une éventuelle demande de prolongation de la présence américaine. Moqtada Sadr a d'ores et déjà menacé de réactiver sa milice si les Américains ne partaient pas à la date convenue.
(Source : AFP)


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