Liban

Nasrallah : Nous appuyons le régime syrien, et le président Assad veut procéder à des réformes...

OLJ
27/05/2011
C'est un discours global qu'a prononcé mercredi, à l'occasion de la onzième célébration de la libération du Sud, le secrétaire général du Hezbollah dans la localité de Nabi Shit (Baalbeck) en hommage à son prédécesseur Abbas Moussaoui, originaire de cette région. Il a aussi envoyé des messages dans plusieurs directions, notamment au sujet du maintien des armes du Hezbollah, de l'appui de son parti au régime syrien et de sa détermination à n'exercer aucune pression sur ses alliés sur le plan gouvernemental.
Les circonstances étant particulièrement délicates, tant sur le plan interne qu'au niveau de la région, le discours de Hassan Nasrallah était très attendu. Le secrétaire général du Hezbollah a d'ailleurs évoqué toutes les questions de l'heure, commençant par les révoltes arabes et les critiques de certaines parties concernant l'attitude variable de son parti à l'égard des régimes controversés. Nasrallah a ainsi expliqué que les critères de la position du Hezbollah sont clairs : ils reposent d'abord sur la position du régime par rapport à la cause arabe centrale, à savoir la Palestine, sa position par rapport à la résistance, et enfin sur la capacité du régime à procéder à des réformes. Il précise ainsi que les régimes égyptien et tunisien « étaient totalement imperméables aux revendications de leurs peuples ». « De plus, ils étaient à la solde de la politique américano-israélienne », a-t-il affirmé.
Concernant la Syrie, Nasrallah a affirmé qu'il s'agit d'un « régime ami, protégeant la cause palestinienne et la résistance, opposé aux plans américano-israéliens dans la région, et le président Bachar el-Assad souhaite réellement procéder à des réformes, a-t-il déclaré. Il faut donc l'appuyer ». Il a aussi rappelé « les sacrifices syriens » consentis au Liban, notamment lorsque la Syrie a empêché la partition du Liban.
Selon Nasrallah, les États-Unis veulent « confisquer les révolutions arabes » et ils tentent ouvertement de « les acheter à coups de milliards de dollars ». Le secrétaire général du Hezbollah a aussi démenti toutes les accusations sur une participation du parti à la répression en Syrie, rappelant que des accusations similaires sont lancées régulièrement contre le Hezbollah. « Tantôt il aide l'opposition à Bahreïn, tantôt il se bat à Benghazi aux côtés de l'opposition, et tantôt encore il aide les Houthis au Yémen ou le pouvoir iranien dans la répression des manifestants, a déclaré Hassan Nasrallah. Nous ne sommes pas concernés pour participer à des combats en dehors du Liban, et si jamais nous devions le faire, ce serait la tête haute et au vu et au su de tout le monde », a-t-il affirmé.
Évoquant ensuite les accusations contre le Hezbollah lancées par le président américain Barack Obama au cours de la cérémonie de l'Aipac, Nasrallah a relevé le fait que la position américaine n'est pas nouvelle, mais c'est le fait que le président américain la dise aussi clairement qui l'est. Selon lui, il l'a fait pour « satisfaire les sionistes, et il s'agit en quelque sorte d'une préparation de l'acte d'accusation » du TSL. Nasrallah a remercié d'ailleurs le président Obama pour sa déclaration parce que, selon lui, ce dernier a « confirmé les soupçons formulés par le Hezbollah depuis des mois ». « Il a donc divulgué le contenu de l'acte d'accusation du TSL, alors que le juge Fransen et le procureur Bellemare font semblant de dire qu'il est secret », a déclaré Nasrallah qui a estimé que les accusations d'Obama « montrent effectivement que l'acte d'accusation est politisé et que les Américains y interviennent ». « Si l'accusation est portée par un homme juste, il faut s'en inquiéter, mais si elle l'est par ceux qui accomplissent des assassinats, elle n'a aucune valeur », a encore déclaré Nasrallah qui a rappelé que le registre américain en matière d'assassinats politiques est riche et pour n'en citer qu'un, il a rappelé la voiture piégée placée à Bir el-Abed pour assassiner sayyed Mohammad Hussein Fadlallah en 1985, attentat qui avait fait une centaine de morts. Nasrallah a ajouté que le président américain ne s'est pas contenté d'accuser, il a aussi jugé et condamné.
Sur le plan interne, Nasrallah a précisé que l'on ne peut accuser la nouvelle majorité d'être responsable du retard dans la formation du gouvernement, puisqu'il y a en fait trois parties : le président de la République, le Premier ministre désigné et la nouvelle majorité. Selon lui, la véritable raison du retard réside dans les conditions et les exigences américaines posées aux responsables. Mais il a ajouté que le Hezbollah n'a pas la moindre intention d'exercer des pressions sur un de ses alliés, car, « au final, a-t-il ajouté, nous atteindrons l'objectif fixé ». Nasrallah a encore rejeté toute idée d'un gouvernement de technocrates, assurant que le gouvernement au Liban doit être politique.
Au sujet des armes du Hezbollah, Nasrallah a affirmé que nul ne pourra les lui prendre, conseillant au passage au Premier ministre israélien, qui avait évoqué devant le Congrès américain le cas de 12 000 missiles entre les mains du Hezbollah, de mettre à jour ses informations, « car il y en a bien plus », a-t-il ajouté.
Abordant la question palestinienne, Nasrallah a affirmé qu'après les discours d'Obama et de Netanyahu, les Palestiniens n'ont qu'une seule possibilité, recourir à la résistance. Il a aussi demandé à la Ligue arabe de retirer la fameuse initiative de paix arabe présentée en 2002 qui, selon lui, n'a plus de raison d'être. Il a précisé que « les illusions sont désormais tombées et les dirigeants arabes qui disaient à leurs populations qu'aux États-Unis, les démocrates sont différents des républicains sont démentis par les faits : tous ont pour principal souci dans la région la sécurité et la protection des intérêts d'Israël ». Nasrallah a encore parlé de la marche du 15 mai, mettant l'accent sur « la panique israélienne face aux centaines de Palestiniens civils qui marchaient vers les frontières avec la Palestine, armés de leur courage et de leur détermination ». Il s'est demandé à ce sujet « quelle serait l'attitude d'Israël si des millions d'Arabes marchaient vers la frontière avec Israël ». Il a toutefois ajouté qu'une telle démarche nécessite une « grande décision ».
Il a enfin rappelé que depuis le 25 mai 2000, l'ère des défaites arabes est révolue et celle des victoires a commencé, assurant que la peur a changé de camp ; désormais, elle est du côté d'Israël « qui est bien plus faible qu'on ne le croit ».

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