L’incident n’a pas menacé la sécurité du président iranien lors de sa visite à la raffinerie d’Abadan. Amir Pourmand/AFP
Un député d'Abadan, Ali Moussavi Jorf, a affirmé à l'agence Fars qu'un incendie avait déjà eu lieu il y a dix jours, lors de tests dans l'unité inaugurée hier, et qu'il avait mis en garde les autorités contre un risque d'accident lors de la visite du président.
Cet incident intervient alors que le président est au centre d'une crise qui l'oppose aux ultraconservateurs proches du guide suprême. Elle intervient également alors que la semaine dernière, M. Ahmadinejad a déclenché une polémique politico-institutionnelle en décidant, malgré l'opposition du Conseil constitutionnel, d'assurer provisoirement la direction du ministère du Pétrole. Hier, le président du Parlement, Ali Larijani, a pressé M. Ahmadinejad de nommer un autre responsable à la tête de ce ministère stratégique dans un pays qui tire du pétrole 80 % de ses ressources en devises.
La raffinerie d'Abadan, située dans la province pétrolière du Khouzistan frontalière de l'Irak, est la plus ancienne et l'une des plus importantes du pays. Plusieurs explosions accidentelles ont été rapportées depuis un an dans les infrastructures pétrolières et gazières iraniennes - puits, plates-formes, raffineries, oléoducs. Le plus grave a fait une dizaine de morts et 16 blessés en septembre 2010 lors de l'explosion d'un gazoduc en travaux dans le nord-est de l'Iran. Ces infrastructures ont également été visées par plusieurs attentats. Le principal gazoduc acheminant le gaz du sud de l'Iran vers Téhéran a été saboté à deux reprises depuis le début de l'année, selon des informations rapportées par les médias iraniens. Ces sabotages, qui n'ont pas été revendiqués ni attribués par les autorités à des groupes particuliers, ont provoqué des explosions mais n'ont pas fait de victimes ni perturbé l'approvisionnement de la capitale. Des informations circulant sur Internet mais jamais confirmées officiellement ni de sources indépendantes font épisodiquement état d'actions contre des infrastructures pétrolières au Khouzistan. Une certaine tension règne actuellement dans cette province largement arabophone, qui abrite l'essentiel des réserves pétrolières de l'Iran, deuxième producteur de l'OPEP.
(Source : AFP)


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