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Couverture spéciale de la révolte en Syrie - Analyse

Violences sur le Golan : Damas tente de détourner l'attention

Les manifestations suivies de violences sur le front du Golan, resté calme pendant des décennies, pourraient être une tentative du régime syrien de détourner l'attention de la révolte populaire qui le déstabilise, ont estimé des analystes.
Des milliers de personnes ont manifesté dimanche sur le plateau du Golan à l'occasion de la commémoration de la Nakba, dénomination de la création de l'État d'Israël en 1948 par les Palestiniens, et une centaine d'entre eux se sont même infiltrés dans la partie occupée par Israël.
L'armée israélienne a ouvert le feu sur les manifestants qui ont pénétré dans la partie occupée, tuant quatre d'entre eux dans l'un des incidents frontaliers les plus graves entre la Syrie et Israël depuis la guerre israélo-arabe de 1973.
"Le régime syrien a profité de ces manifestations pour détourner l'attentation du problème intérieur de l'intifada" (révolte) qui agite la Syrie depuis le 15 mars, affirme Bourhan Ghalioun, directeur du Centre d'études sur l'Orient contemporain à Paris.
L'universitaire syrien estime que le timing de ces manifestations, qui se sont déroulées dans le cadre d'appels lancés sur Facebook aux Palestiniens pour se diriger vers les frontières des pays arabes avec Israël, "ont servi l'intérêt du régime syrien".
"Ni les Syriens, ni les Palestiniens ne peuvent organiser des manifestations librement", a-t-il ajouté, voyant la main "des services de sécurité" derrière les incidents de dimanche.
Les incidents sur le Golan ainsi qu'à la frontière entre Israël et le Liban, où 14 manifestants au total selon les Libanais et les Syriens ont été tués par l'armée israélienne, ont fait les gros titres des médias arabes, reléguant au deuxième plan la révolte en Syrie.
Selon des organisations des droits de l'Homme, au moins 700 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début de la contestation, et 8 000 ont été arrêtées ou sont portées disparues.
Mais M. Ghalioun estime que les incidents au Golan, occupé en 1967 et annexé en 1981, ne vont pas dégénérer.
"Il n'y aura pas de confrontation militaire entre la Syrie et Israël. Les Israéliens ont reconnu qu'ils préféraient avoir affaire au régime syrien qu'ils connaissent", plutôt que de voir sa chute et l'émergence d'un pouvoir qui pourrait leur être hostile, estime-t-il.
L'analyste Paul Salem, directeur du Carnegie Middle East Center à Beyrouth, partage la même opinion.
"Les manifestations se sont déroulées dans un secteur habituellement considéré comme une zone militaire fermée" et interdite aux civils, souligne-t-il.
Il estime qu'en "portant l'attention sur le dossier régional, c'est-à-dire le conflit arabo-israélien, la Syrie a voulu détourner les regards de sa situation intérieure".
Même reproche de la Maison Blanche qui accuse la Syrie d'avoir encouragé les manifestations sur le plateau du Golan, jugeant qu'il s'agissait d'une attitude "inacceptable" et d'une tentative de "détourner l'attention".
Mais M. Salem souligne que cette escalade "pourrait se retourner contre la Syrie et provoquer des réactions négatives" de la part de la communauté internationale "qui intensifierait la pression sur les autorités syriennes".
Pour sa part, le rédacteur en chef de l'influent quotidien saoudien Asharq Al Awsat, Tarek al-Hmayed, ne mâche pas ses mots.
"Damas est prêt à sacrifier jusqu'au dernier Palestinien pour servir ses intérêts", affirme-t-il dans un éditorial intitulé: "le message de Rami Makhlouf a-t-il été bien reçu?"
Le magnat Rami Makhlouf, cousin du président syrien Bachar el-Assad, a assuré dans une interview publiée mercredi par le New York Times qu'il "n'y aurait pas de stabilité en Israël s'il n'y a pas de stabilité en Syrie".
"Le message est clair: c'est une fuite en avant du régime syrien qui, en menaçant Israël, veut pouvoir réprimer sa population", écrit-il.
Des milliers de personnes ont manifesté dimanche sur le plateau du Golan à l'occasion de la commémoration de la Nakba, dénomination de la création de l'État d'Israël en 1948 par les Palestiniens, et une centaine d'entre eux se sont même infiltrés dans la partie occupée par Israël.L'armée israélienne a ouvert le feu sur les manifestants qui ont pénétré dans la partie occupée, tuant quatre d'entre eux dans l'un des incidents frontaliers les plus graves entre la Syrie et Israël depuis la guerre israélo-arabe de 1973."Le régime syrien a profité de ces manifestations pour détourner l'attentation du problème intérieur de l'intifada" (révolte) qui agite la Syrie depuis le 15 mars, affirme Bourhan Ghalioun, directeur du Centre d'études sur l'Orient contemporain à Paris.L'universitaire syrien estime que le timing de ces...