Dix personnes ont été tuées et 112 ont été blessées hier dans le sud du Liban par des tirs israéliens à la frontière. Ali Hashisho/Reuters
Dans le plateau syrien du Golan, l'armée israélienne a ouvert le feu sur des manifestants palestiniens venus de Syrie qui avaient pénétré dans la partie occupée. Deux protestataires ont été tués et quatre grièvement blessés, selon des médecins. Le calme était revenu en début de soirée dans ce secteur, où près de 200 des milliers de manifestants avaient franchi la ligne de cessez-le-feu. Il s'agit d'un des incidents frontaliers les plus graves entre les deux pays depuis la guerre israélo-arabe de 1973. La Syrie abrite 470 000 réfugiés palestiniens. L'armée israélienne, reconnaissant avoir blessé « des dizaines de personnes » dans le Golan, a accusé le pouvoir syrien d'avoir « organisé cette manifestation violente pour tenter de détourner l'opinion mondiale de ce qui se passe dans ses villes » et a qualifié cet acte de « très grave ». Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti de son côté qu'Israël était déterminé à défendre « ses frontières et sa souveraineté » : « J'ai donné ordre à l'armée d'agir avec le maximum de retenue mais aussi d'empêcher que nos frontières soient forcées. » Damas a « fermement dénoncé les actes criminels d'Israël contre notre peuple dans le plateau du Golan, en Palestine et dans le sud du Liban », ajoutant : « Israël devra assumer la totale responsabilité de ses actes. »
Dans les territoires palestiniens, une centaine de Palestiniens ont été blessés dans le nord de la bande de Gaza par des tirs de l'armée lors d'une marche en direction du terminal frontalier israélien d'Erez, a-t-on appris auprès des services médicaux palestiniens. Un millier de manifestants se sont dirigés vers la frontière israélienne en dépit de tirs de semonce israéliens. Un jeune Palestinien a par ailleurs été tué par des tirs israéliens à l'est de la ville de Gaza. L'armée israélienne a affirmé avoir tiré sur un individu qui « posait un engin explosif » à la frontière. D'autre part, au moins 17 Palestiniens ont été blessés lors de heurts violents au poste de contrôle de Kalandia (Cisjordanie), à l'entrée de Jérusalem, et neuf autres à Hébron (sud de la Cisjordanie). « Je salue la mémoire de nos martyrs tombés aujourd'hui sous les coups des forces d'occupation israéliennes alors qu'ils manifestaient pour commémorer la nakba à l'intérieur, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, et aux frontières du Liban et de la Syrie », a déclaré le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. « Leur sang précieux n'aura pas coulé en vain, parce qu'il a été versé pour la liberté du peuple palestinien et ses droits », a-t-il ajouté, souhaitant un « prompt rétablissement aux blessés ».
En Jordanie, au moins six personnes ont également été blessées lors d'une intervention policière pour empêcher 500 manifestants de se rendre à la frontière avec Israël. Les manifestants, dont quelque 200 étudiants, ont été interceptés à quelques kilomètres du passage du pont Allenby, sur le Jourdain, qui marque la frontière avec Israël, à moins d'une heure de route de Amman. Sur Facebook, ce groupe baptisé Les jeunes du 15 mai avait appelé à manifester tout près de l'ambassade d'Israël après avoir été empêché de le faire la veille.
La nakba s'est traduite par l'exode de quelque 760 000 Palestiniens, point de départ de la question des réfugiés, actuellement au nombre d'au moins 4,8 millions avec leurs descendants, répartis pour l'essentiel entre la Jordanie, les territoires palestiniens, la Syrie et le Liban (Voir par ailleurs).
(Source : agences)



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