« Ces chiffres confirment que l'économie française est installée sur la voie d'une reprise solide », a déclaré la ministre de l'Économie et des Finances, Christine Lagarde, ajoutant que « ces nouvelles informations confortent sa prévision de croissance du PIB pour 2011 », soit une croissance de 2,0 %. La Commission européenne reste plus prudente, puisqu'elle anticipe une expansion de 1,8 % cette année en France.
Au premier trimestre, les dépenses de consommation des ménages français ont augmenté de 0,6 % par rapport à octobre-décembre selon les données préliminaires.
Un chiffre qui doit beaucoup aux achats d'automobiles, fortement soutenus par l'expiration de la prime à la casse au 31 décembre, les livraisons des commandes de la fin 2010 s'étant étalées sur janvier-mars.
Mais ce sont surtout les entreprises qui ont dopé l'activité économique au cours de la période janvier-mars, en augmentant tout à la fois leurs stocks et leurs investissements.
Les stocks, qui avaient diminué fin 2010, assurent ainsi à eux seuls une contribution de 0,7 point à la croissance. Quant aux investissements des entreprises non financières, ils ont augmenté de 1,9 % d'un trimestre sur l'autre.
« L'investissement des entreprises est excellent, on voit désormais que des chiffres "durs" confirment les enquêtes », dit Michel Martinez, chef économiste France de la Société générale. « Ça montre que les entreprises ont confiance dans la reprise. »
Plusieurs enquêtes publiées ces dernières semaines ont en effet montré un niveau de confiance historiquement élevé des dirigeants d'entreprise.
Malgré le dynamisme du début d'année, l'économie française est encore loin d'avoir retrouvé son niveau d'avant la récession, note toutefois Karine Berger, directrice marchés de l'assureur crédit Euler Hermes. « On est bien dans une phase de rattrapage, ce qui est totalement validé par le niveau de production industrielle, toujours très en dessous de son niveau d'avant-crise », a-t-elle expliqué à Reuters.
« Le verre à moitié vide, c'est qu'on n'est pas encore sorti de l'auberge, le verre à moitié plein, c'est que le processus de reprise se confirme et qu'on n'a pas à rougir au sein de la zone euro. »
Revers de la médaille : la contribution négative du commerce extérieur (-0,4 point), les importations ayant augmenté de 2,7 % alors que les exportations progressaient de 1,4 %.
Si l'acquis de croissance pour 2011 (la performance déjà assurée quand bien même l'économie stagnerait d'ici à la fin de l'année) est de 1,6 %, toutes les incertitudes sont loin d'être levées.
Christine Lagarde a d'ailleurs laissé entendre dès vendredi qu'un retour à une croissance « un peu moins forte » au deuxième trimestre serait logique.
D'autres facteurs risquent également de tempérer l'expansion au cours des prochains mois, estime Joost Beaumont, économiste d'ABN Amro.
« L'envolée récente des prix du pétrole devrait éroder le pouvoir d'achat des ménages et peser sur les bénéfices des entreprises, donc sur la consommation et l'investissement, explique-t-il. De plus, l'austérité budgétaire va prendre de plus en plus de poids tandis qu'une croissance moins vigoureuse de l'économie mondiale pèsera sur les exportations. »
(Source : Reuters)


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