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Moyen Orient et Monde - Libye

Les rebelles s’emparent de l’aéroport de Misrata

L'UE annonce l'ouverture prochaine d'un bureau à Benghazi ; Frattini lance un ultimatum à Kadhafi.

À Benghazi, un officier rebelle montre à des civils volontaires qui veulent s’engager comment utiliser les différentes armes qui seront à leur disposition. Mohammad Salem/Reuters

Les rebelles libyens ont pris le contrôle total de l'aéroport au sud-ouest de Misrata, troisième ville du pays située à 200 km à l'est de Tripoli et assiégée par les forces loyalistes depuis plus de deux mois. Les pro-Kadhafi ont laissé derrière eux des chars auxquels les rebelles ont mis le feu, tandis que dans les rues de la ville, plusieurs centaines de personnes ont célébré cette importante avancée. « Nous avons pris le contrôle total de l'aéroport de Misrata et avons repoussé les forces de Kadhafi à environ 15 km de l'aéroport », a déclaré un porte-parole du Conseil national de transition (CNT, rebelles), Abdel Boussine. Mais l'aéroport n'est pas hors de danger car il reste à portée des roquettes des forces gouvernementales, a-t-il souligné. Les tirs d'obus de mortier des troupes gouvernementales avaient auparavant fait 13 blessés dans les rangs rebelles.
La prise de l'aéroport par les rebelles pourrait faciliter l'évacuation des habitants ou des étrangers de Misrata ainsi que l'acheminement de l'aide humanitaire qui n'arrive plus pour l'instant que par mer, le port étant toujours resté aux mains des rebelles, même s'il a subi des bombardements.
À l'ouest de la ville assiégée, les rebelles avançaient vers la localité de Dafnia, sur la route côtière menant à Zliten puis à Tripoli.
Dans les montagnes berbères au sud-ouest de Tripoli, au moins deux rebelles ont été tués et 15 autres blessés dans des combats avec les forces loyalistes dans un village près de Zenten.
À Tripoli, plusieurs missiles ont touché dans l'après-midi l'est de la capitale après un survol intense du secteur par des avions, selon un témoin. Ils ont visé la région de Tajoura, mais il n'était pas possible dans l'immédiat de savoir quelles étaient les cibles exactes. Des explosions avaient secoué le matin la capitale, bombardée presque chaque jour par des avions de l'OTAN. L'Alliance atlantique a pris fin mars le commandement des opérations militaires internationales engagées le 19 mars sous mandat de l'ONU pour empêcher les attaques contre les civils. Des représentants de 25 villes sous le contrôle des forces du colonel Mouammar Kadhafi ont affirmé lors d'une réunion au Qatar que la contestation contre le régime libyen gagnait la capitale. « Chaque jour, de violents affrontements s'y produisent, notamment hier (mardi) et avant-hier (lundi) à Souk al-Jomaa et al-Qabda », a déclaré Mahmoud al-Warfalli, porte-parole du CNT. Il a affirmé que les étudiantes de l'Université de Tripoli avaient « distribué des tracts appelant à la révolte et brandi le drapeau de la révolution ». Pour sa part, un représentant de Tripoli à la réunion, qui a requis l'anonymat, a affirmé que les habitants de la capitale étaient « prêts à payer le prix fort pour se débarrasser du régime » de Mouammar Kadhafi.
Alors que le régime libyen accuse l'OTAN d'avoir tenté à plusieurs reprises de tuer le colonel Kadhafi, le ministre italien de la Défense, Ignazio La Russa, a estimé qu'un bombardement sur un objectif militaire où le dirigeant libyen se trouverait serait justifié. L'OTAN a cependant assuré mardi ne pas viser le dirigeant, réaffirmant que ses cibles étaient toutes « militaires ». « Je n'ai pas d'information relative à la situation personnelle de M. Kadhafi », a déclaré pour sa part un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero. « Nous n'avons plus de contacts officiels directs avec le régime de Kadhafi depuis la fermeture de notre ambassade et le rapatriement de notre personnel diplomatique le 26 février », a-t-il ajouté. Le colonel Mouammar Kadhafi a « jusqu'à la fin mai pour trouver un accord » avec la communauté internationale et s'exiler avant que ne tombe le couperet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), a estimé de son côté le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini.
À Strasbourg, l'Union européenne a annoncé l'ouverture prochaine d'un bureau à Benghazi (Est) pour aider les rebelles. Cette annonce intervient au moment où Mahmoud Jibril, un haut responsable du Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion, effectue une visite à Washington pour y rencontrer divers responsables. Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, était hier à Benghazi, où il devait rencontrer des dirigeants rebelles. Membre de l'OTAN, la Pologne s'était dit prête à fournir des avions de transport pour la coalition en Libye, mais avait exclu de participer à une force de frappe.
À Genève, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré avoir parlé au téléphone avec le Premier ministre libyen al-Baghdadi Ali al-Mahmoudi pour l'encourager à « poursuivre le dialogue politique » et appeler les autorités à cesser de viser les civils et à mettre fin aux combats « à Misrata et ailleurs ».
Depuis le début de la révolte le 15 février, les violences ont fait des milliers de morts, selon le procureur de la Cour pénale internationale, et poussé près de 750 000 personnes à fuir, selon l'ONU.
(Source : AFP)

Les rebelles libyens ont pris le contrôle total de l'aéroport au sud-ouest de Misrata, troisième ville du pays située à 200 km à l'est de Tripoli et assiégée par les forces loyalistes depuis plus de deux mois. Les pro-Kadhafi ont laissé derrière eux des chars auxquels les rebelles ont mis le feu, tandis que dans les rues de la ville, plusieurs centaines de personnes ont célébré cette importante avancée. « Nous avons pris le contrôle total de l'aéroport de Misrata et avons repoussé les forces de Kadhafi à environ 15 km de l'aéroport », a déclaré un porte-parole du Conseil national de transition (CNT, rebelles), Abdel Boussine. Mais l'aéroport n'est pas hors de danger car il reste à portée des roquettes des forces gouvernementales, a-t-il souligné. Les tirs d'obus de mortier des troupes gouvernementales avaient...
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