L’UE est le deuxième partenaire commercial de l’Asean après la Chine. Sonny Tumbelaka/AFP
« Les ministres européens des Finances vous envient », a lancé en préambule le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, en s'adressant aux dirigeants de pays dont la croissance devrait atteindre entre 5 et 10 % cette année.
De la Thaïlande au Vietnam en passant par l'Indonésie et Singapour, les dix pays membres de l'Asean ont en effet rapidement repris leur marche en avant après la crise de 2008-2009.
« La croissance économique mondiale est menée par la Chine et l'Inde, mais aussi l'Asie du Sud-Est », a insisté le président indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono, en ouvrant le sommet. Il a appelé l'UE à s'affirmer comme « un partenaire puissant » de l'Asean, qui s'inspire du modèle européen pour accélérer son intégration régionale.
À l'heure actuelle, l'UE est le deuxième partenaire commercial de l'Asean après la Chine, représentant près de 10,9 % des échanges des pays d'Asie du Sud-Est. L'Asean est pour sa part le septième partenaire de l'UE avec 175 milliards d'euros d'échanges de biens et de services.
De plus, l'UE est de loin l'investisseur le plus important en Asie du Sud-Est : les entreprises européennes y ont investi chaque année en moyenne 10,4 milliards d'euros dans tous les secteurs entre 2002 et 2009, selon les statistiques européennes.
« Il est sûr que, après la Chine, l'Asie du Sud-Est est pour nous le marché le plus prometteur d'Asie », a indiqué Jean Rodesh, vice-président du groupe français de spiritueux Pernod Ricard. « Dans la quasi-totalité des pays, la classe moyenne est en train de grossir fortement et a envie de consommer », selon lui.
Les groupes européens doivent cependant faire face à une concurrence sévère de leurs concurrents chinois, indiens, coréens, japonais ou singapouriens qui y ont fortement accru leurs investissements ces dernières années.
« Nous avons constaté que la croissance des échanges avec l'UE n'a pas été aussi rapide qu'avec les autres partenaires ces dernières années », a regretté la ministre indonésienne du Commerce, Mari Elka Pangestu. Avant d'appeler à un « doublement » des échanges entre son pays, le plus important de l'Asean, et l'Europe, qui se sont élevés à 20 milliards de dollars en 2010.
Suivant l'exemple des États-Unis, l'UE a lancé l'an dernier des négociations pour signer des accords de libre-échange avec Singapour et la Malaisie, qui pourraient ouvrir à terme la voie à un accord global avec l'ensemble de la zone Asean.
Les pays d'Asie du Sud-Est se sont en effet fixé l'ambitieux objectif de créer, à l'horizon 2015, une communauté économique de l'Asean (AEC).
Ce projet, de nouveau débattu ce week-end au 18e sommet de l'Asean à Djakarta, peine à prendre forme, notamment parce que les écarts de développement restent énormes au sein du bloc, qui comprend le richissime Singapour et des pays ruraux comme le Laos ou le Cambodge.
Interrogé sur cette perspective, le commissaire européen De Gucht a appelé l'Asean à la patience, rappelant que l'UE avait engagé son intégration « il y a 50 ans ». « Le processus que vous avez lancé va dans le bon sens », mais « vous devez développer votre propre modèle », qui peut être sensiblement différent de celui de l'UE, a-t-il ajouté.
(Source : AFP)


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