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Moyen Orient et Monde - Terrorisme

Washington : L’opération contre Ben Laden est un « acte de légitime défense »

Obama refuse de publier les photos de la dépouille du chef d'el-Qaëda.

Des Pakistanais assis devant la villa qui abritait Oussama Ben Laden, à Abbottabad.     Aamir Qureshi/AFP

L'attorney général américain Eric Holder a assuré hier au Sénat que l'opération américaine au cours de laquelle Oussama Ben Laden a été tué était « complètement légale » et relevait d'un « acte de légitime défense nationale ». « Il était le chef d'el-Qaëda, une organisation qui a mené les attentats du 11 septembre, il a admis son implication », a rappelé le ministre. Et, a-t-il ajouté, « il avait dit qu'il ne se laisserait pas prendre vivant ». Si Oussama Ben Laden « avait essayé de se rendre, je pense que nous aurions dû l'accepter, mais rien ne montre qu'il avait l'intention de le faire, donc sa mort était normale ».
Une fille de 12 ans de Ben Laden, détenue au Pakistan avec une de ses épouses et d'autres enfants présents lors du raid, a raconté avoir vu les soldats américains tuer son père, a dit un responsable pakistanais. La fillette « nous a confirmé qu'Oussama avait été tué par balle et son corps emporté » par les Américains, a déclaré à l'AFP cet officier de l'ISI (renseignements pakistanais) sous couvert d'anonymat.
Ben Laden n'était pas armé lorsqu'il a été tué, avait affirmé mardi le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney. La veille, le principal conseiller de Barack Obama pour l'antiterrorisme, John Brennan, avait indiqué que Ben Laden s'était servi de sa femme comme bouclier humain. Toutefois, M. Carney a indiqué mardi que cette femme avait reçu une balle dans la jambe, mais n'avait pas été tuée.
Alors que certains disent douter de la réalité de la mort de Ben Laden, la Maison-Blanche a décidé de ne pas diffuser de photographies de sa dépouille, ont rapporté hier des chaînes de télévision américaines. M. Carney avait expliqué pour sa part que la photo prise peu après la mort du chef d'el-Qaëda était « atroce » et qu'il fallait ménager les « susceptibilités en ce qui concerne la publication de photographies de Ben Laden ».

Islamabad se défend
Parallèlement, au Pakistan, les autorités ont rejeté hier les accusations de soutien à Ben Laden lancées par les Occidentaux. Sommé de s'expliquer sur la présence depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, d'Oussama Ben Laden près d'une école militaire à Abbottabad, au nord d'Islamabad, le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani a estimé que cela témoignait de « l'échec du renseignement dans le monde », y compris aux États-Unis, et pas seulement au Pakistan. « Nous sommes au beau milieu d'une guerre et nous avons la volonté de lutter contre l'extrémisme et le terrorisme », a assuré M. Gilani en visite à Paris, tout en affirmant que la France était prête à renforcer les capacités des services de sécurité de son pays. Un haut responsable de la diplomatie pakistanaise a également affirmé que son pays avait signalé dès 2009 aux États-Unis comme une cache possible « parmi des millions d'autres » l'endroit où Ben Laden a été découvert.
La CIA avait décidé de faire cavalier seul dans le dernier acte de la traque de Ben Laden par crainte que les Pakistanais n'alertent le chef d'el-Qaëda.
Mardi, les autorités pakistanaises avaient dénoncé le fait que les Américains aient mené unilatéralement, sans consultation préalable, l'opération commando sur leur sol. « Le Pakistan exprime sa vive préoccupation et ses réserves sur la manière dont le gouvernement américain a mené à bien cette opération sans information ni autorisation préalables du gouvernement pakistanais », a fait savoir le ministère pakistanais des Affaires étrangères.
Les récriminations du Pakistan n'ont pas empêché des pays occidentaux de demander des comptes au régime d'Islamabad. Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a estimé que le Pakistan devait faire davantage de progrès pour renforcer la coopération dans la lutte antiterroriste. Le ministère afghan de la Défense a jugé que l'affaire soulève également des questions sur la capacité du Pakistan à protéger d'une manière adéquate ses armes nucléaires.
Washington semble toutefois vouloir éviter une dégradation des relations avec Islamabad, alors même que le Congrès réfléchit à la suppression de l'aide financière américaine massive à cet allié difficile. Mais les analystes estiment généralement que, enlisés en Afghanistan où ils cherchent une porte de sortie, les États-Unis ne peuvent se passer de l'implication du Pakistan à la fois dans la guerre le long de la frontière afghano-pakistanaise et dans d'éventuelles négociations avec les talibans.
« Les Américains ont sûrement envie de traquer les autres dirigeants d'el-Qaëda, dont le numéro 2 Ayman al-Zawahiri, et je pense qu'ils sont convaincus qu'ils se cachent aussi au Pakistan », explique ainsi Rahimullah Yusufzaï, éditorialiste pakistanais, expert des zones tribales et l'un des meilleurs connaisseurs du réseau de Ben Laden. « Il n'y a pas d'autre option que la coopération pour l'heure, mais les problèmes risquent de survenir une fois que les Américains se seront retirés d'Afghanistan », ajoute-t-il.
Par ailleurs, environ 70 avocats d'Abbottabad ont manifesté hier contre le raid qu'ils considèrent comme une violation de la souveraineté pakistanaise, certains qualifiant le chef d'el-Qaëda de « héros ».

(Source : agences)
L'attorney général américain Eric Holder a assuré hier au Sénat que l'opération américaine au cours de laquelle Oussama Ben Laden a été tué était « complètement légale » et relevait d'un « acte de légitime défense nationale ». « Il était le chef d'el-Qaëda, une organisation qui a mené les attentats du 11 septembre, il a admis son implication », a rappelé le ministre. Et, a-t-il ajouté, « il avait dit qu'il ne se laisserait pas prendre vivant ». Si Oussama Ben Laden « avait essayé de se rendre, je pense que nous aurions dû l'accepter, mais rien ne montre qu'il avait l'intention de le faire, donc sa mort était normale ».Une fille de 12 ans de Ben Laden, détenue au Pakistan avec une de ses épouses et d'autres enfants présents lors du raid, a raconté avoir vu les soldats américains tuer son...
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